| Apocalypse Expliquée 455. Et peuples et langues, signifie tous ceux qui sont dans des faux d'après l'ignorance et d'après les diverses religions : on le voit par la signification des peuples, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans les vrais de la doctrine, et dans le sens opposé ceux qui sont dans des faux de doctrine, comme il a été dit ci-dessus, N° 175 ; mais ici, ceux qui sont dans des faux de doctrine d'après l'ignorance, car il s'agit ici de ceux qui sont sauvés, quoiqu'ils aient été dans des faux d'après la doctrine de leur religion; en effet, tous ceux qui sont dans le bien de la vie selon les dogmes de leur religion qu'ils ont cru être des vrais, quoiqu'ils ne soient point des vrais, sont sauvés, car le faux n'est imputé à aucun de ceux qui vivent bien selon les dogmes de leur religion, puisque ce n'est pas leur faute s'ils ne savent pas les vrais; car le bien de la vie selon la religion renferme en soi l'affection de savoir les vrais, qu'ils apprennent même et reçoivent quand ils viennent dans l'autre vie; en effet, toute affection reste chez l'homme après la mort, et principalement l'affection de savoir les vrais, parce que c'est une affection spirituelle, et que l'homme quand il devient esprit est sa propre affection; c'est pourquoi, les vrais qu'ils désirent, ils les puisent alors et ainsi les reçoivent profondément dans leurs cœurs; que les faux delà religion, quand l'homme vit bien, soient acceptés par le Seigneur comme vrais, on le voit ci-dessus, N° 452 ; et par la signification des langues, en ce qu'elles sont leurs confessions d'après la religion, car par les langues il est entendu les langages, et le langage signifie la confession et la religion, et cela, parce que la langue énonce et confesse les choses qui appartiennent à la religion. Dans la Parole il est dit très-souvent la lèvre, la bouche et la langue, et par la lèvre il est signifié la doctrine, par la bouche la pensée, et par la langue la confession ; si la lèvre, la bouche et la langue ont de telles significations, c'est parce qu'elles sont les externes de l'homme, par lesquels les internes sont exposés, et que ce sont les internes qui sont signifiés dans le sens interne ou spirituel; en effet, la Parole dans la lettre consiste en externes qui s'offrent aux yeux et sont perçus par les sens; de là, dans la lettre, la Parole est naturelle, et cela, afin que le Divin Vrai qu'elle contient y soit dans le dernier, et ainsi dans le plein : mais ces externes, qui sont naturels, contiennent en eux les internes qui sont spirituels; ce sont donc ceux-ci qui sont signifiés. Que les Langues signifient les confessions d'après la religion et selon les dogmes de la religion, on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Il viendra, le temps de rassembler toutes les nations et les langues, afin qu'elles viennent et voient ma gloire. » — LXVI. 18 ; — ces paroles ont été dites de l'avènement du Seigneur; par les nations et les langues sont signifiés tous ceux qui sont dans le bien de la vie selon leur religion; les langues signifient les religions par la confession; c'est pour cela qu'il est dit, « afin qu'elles viennent et voient ma gloire, » la gloire signifie le Divin Vrai, par lequel il y a Église. Dans Daniel : « Voici avec les nuées des cieux le Fils de l'homme ; et à Lui fut donné domination, et gloire, et Royaume; et tous les peuples, nations et langues Le serviront. » — VII. 14; — que par le Fils de l'homme, qui doit venir dans les nuées des cieux, il soit entendu le Seigneur, cela est évident; et par les nuées des cieux il est entendu la Parole dans la lettre, dans laquelle il est dit qu'il viendrait, parce que la Parole traite de Lui, et de Lui Seul dans le sens intime; c'est pour cela qu'il est appelé Fils de l'homme, car le Seigneur est appelé Fils de l'homme d'après le Divin Vrai qui est la Parole; mais sur ce sujet voir de plus grands détails ci-dessus, N° 36, où est expliqué ce passage de l'Apocalypse,—I. 7:—« Voici, il vient avec les nuées, et Le verra tout œil; »par domination il est entendu son pouvoir d'après le Divin Bien, par gloire son pouvoir d'après le Divin Vrai, et par Royaume le Ciel et l'Église ; par les peuples, les nations et les langues sont signifiés tous ceux qui sont dans la doctrine et dans la vie selon leurs religions; sont appelés peuples ceux qui sont dans la doctrine, nations ceux qui sont dans la vie, et les langues sont les religions. Dans Zacharie ; « En ces jours-là, dix hommes de toutes langues des nations saisiront le pan de la robe d'un homme Juif, en disant : Nous irons avec vous, parce que nous avons entendu que Dieu (est) avec vous. » — VIII. 23; —quel est le sens spirituel de ces paroles, c'est ce qu'on voit ci-dessus, No 433, à savoir, que par le Juif sont entendus ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et d'après Lui dans les vrais de la doctrine; et que par toutes Langues des nations sont entendus ceux de diverses religions. Les mêmes choses sont signifiées par les Langues dans les passages suivants ; dans Moïse : « Par ceux-ci ont été partagées les îles des nations dans leurs terres, chacun selon sa Langue, selon leurs familles dans leurs nations. Les habitations des fils de Schem selon leurs familles, selon leurs Langues, dans leurs terres selon leurs nations. » — Gen. X. 5, 31. — Dans l'Apocalypse : « Il faut que de nouveau tu prophétises sur peuples et nations, et Langues et rois en grand nombre, » — X. 11 ; — ailleurs : « D'entre les peuples et tribus, et Langues et nations, ils verront leurs corps trois jours et demi. » — XI. 9; — ailleurs : « Il fut donné à la bête de faire la guerre aux saints, et de les vaincre; et il lui fut donné pouvoir sur toute tribu, et Langue et nation. » — XIII. 7; — ailleurs : « Je vis un Ange qui volait par le milieu du ciel, ayant l'Evangile éternel, pour évangéliser ceux qui habitent sur la terre, et toute nation et tribu et Langue et peuple. » — XIV. 6; — et ailleurs : « Les eaux que tu as vues, où la prostituée est assise, des peuples et des foules ce sont, et des nations et des Langues. » — XVII. 15; — là, par les eaux sont signifiés les vrais de la Parole, car par les eaux dans la Parole sont signifiés les vrais, et dans le sens opposé les faux; c'est pourquoi, par peuples, foules, nations et langues, il y est entendu ceux qui sont dans les vrais falsifiés, lesquels en eux-mêmes sont des faux, et qui sont par suite dans les maux de la vie. Dans Luc : « Le riche dit à Abraham : Aie pitié de moi, et envoie Lazare, afin qu'il trempe d'eau le bout de son doigt, pour rafraîchir ma langue, parce que je suis tourmenté dans cette flamme. »— XVI. 24;— dans cette Parabole, comme dans toutes les autres, le Seigneur s'est exprimé par des correspondances, comme on peut le voir en ce que par le riche il n'est pas entendu les riches; ni par Abraham, Abraham ; ni par l'eau, dont Lazare devait rafraîchir la langue du riche, de l'eau et une langue ; ni par la flamme, une flamme, car dans l'enfer personne n'est tourmenté par des flammes ; mais par le riche il est entendu ceux qui sont de l’Église où il y a la Parole, d'où leur viennent les richesses spirituelles qui sont les vrais de la doctrine; c'est pourquoi, là, par le riche il est entendu les Juifs chez qui alors était la Parole ; par Abraham le Seigneur; par l'eau, dans laquelle Lazare devait tremper le bout de son doigt, il est signifié le vrai d'après la Parole; par la langue la soif et la cupidité de pervertir les vrais qui sont dans la Parole, et par la flamme la peine de cette cupidité, peine qui est variée et multiple; d'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par ces paroles en série, et que par rafraîchir d'eau la langue il est signifié apaiser la soif et la cupidité de pervertir les vrais et de confirmer les faux par eux ; qui est-ce qui ne peut voir que par là il n'est pas entendu que Lazare tremperait d'eau le bout de son doigt pour lui rafraîchir la langue ? Dans Zacharie : « Voici la plaie dont Jéhovah frappera tous les peuples qui combattront contre Jérusalem : La chair de chacun se séchera, de sorte qu'il s'arrête lui-même sur ses pieds, et ses yeux se sécheront dans leurs cavités, et sa Langue se séchera dans sa bouche. » — XIV. 12; — ces choses ont été dites de ceux qui s'efforcent de détruire les vrais de la doctrine par des faux, ce qui est signifié par combattre contre Jérusalem, car Jérusalem signifie l'Église quant à la doctrine, et par suite les vrais de la doctrine de l'Église ; « la chair se séchera, » signifie que tout bien de l'amour et de la vie doit périr, car la chair signifie ce bien ; par s'arrêter sur ses pieds, il est entendu sur les os sans la chair, ce qui signifie qu'ils deviendront entièrement naturels-corporels, les pieds signifient les choses qui appartiennent à l'homme naturel, ici celles qui sont infimes ; « ses yeux se sécheront dans leurs cavités, » signifie, que tout entendement du vrai doit périr, car les yeux signifient l'entendement; « sa langue se séchera dans sa bouche, » signifie que toute perception du vrai et toute affection du bien doivent périr, la langue aussi signifie la perception du vrai et l'affection du bien, la perception du vrai en ce qu'elle parle, et l'affection du bien en ce qu'elle a le pouvoir de goûter, car le goût signifie l'appétit, le désir et l'affection. Dans le Livre des Juges : « Jéhovah dit à Gidéon: Quiconque lappera de sa langue des eaux, comme lappe le chien, tu le mettras à part ; et quiconque se courbera sur les genoux pour boire. Et il y eut, pour le nombre de ceux qui lappaient dans leur main, trois cents hommes; ceux-ci furent conduits contre Midian, et ils le frappèrent. » — VII. 5, 6, 7; — là, par Midian sont entendus ceux qui ne s'inquiètent point du vrai, parce qu'ils sont entièrement naturels et externes ; c'est pourquoi ils furent frappés par ceux qui lappèrent avec la langue les eaux dans leur main comme le chien, car par eux sont entendus ceux qui désirent les vrais, ainsi ceux qui d'après quelque affection naturelle aspirent à savoir les vrais; en effet, par le chien il est signifié l'appétit et le désir, par les eaux les vrais, et par les lapper avec la langue désirer, et d'après le désir aspirer; c'est pour cela que Midian fut frappé par eux : qui est-ce qui ne peut voir que, sans cette signification, cela n'eût pas été commandé? Dans David : « Tu les caches dans le secret de tes faces loin des enorgueillissements de l'homme; tu les couvres dans ton tabernacle hors de la contestation des langues, » — Ps. XXXI. 21 ; — par le secret des faces dans lequel Jéhovah les cache, il est signifié le Divin Bien du Divin Amour, car la face de Jéhovah signifie le bien de l'amour, et le secret signifie intérieurement chez l'homme ; par les enorgueillissements de l'homme est signifié le faste de la propre intelligence; par le tabernacle, dans lequel il couvre, il est signifié le Divin Vrai, et par la contestation des langues le faux de la religion d'après lequel ils raisonnent contre les vrais : d'après cela, on voit clairement ce que signifient ces paroles en série. Dans Jérémie : « Voici, j'amènerai sur vous une nation, nation dont tu ne connaîtras point la langue et ne comprendras point ce qu'elle prononcera, laquelle mangera ta moisson et ton pain. » - V. 15, 17; — ici, il n'est pas entendu qu'il sera amené une nation, dont on ne connaîtra pas la langue ou dont le langage sera inintelligible, mais il est entendu une nation méchante qui serait d'une religion tout à fait différente, dont on ne connaîtrait pas les dogmes, et dont on ne comprendrait pas les raisonnements; et dans le sens abstrait il est signifié des faux du mal tout à fait opposés aux vrais du bien, car la nation dans le sens abstrait est le mal, et la langue ici est le faux de la religion, et prononcer c'est raisonner d'après ce faux ; c'est pour cela qu'il est dit ensuite, « laquelle mangera ta moisson et ton pain; » car par la moisson il est signifié les vrais par lesquels il y a le bien, par le pain le bien qui en provient , et par manger consumer et dépouiller. Dans Ézéchiel : « Non pas vers un peuple profond de lèvre et grave de langue tu es envoyé, (mais) vers la maison d'Israël; non pas vers des peuples grands, profonds de lèvre et graves de langue, dont tu n'entendes point les paroles; ceux-ci, si je t'envoyais vers eux, ne t'obéiraient-ils pas? » — III. 5, 6; — par les peuples profonds de lèvre et graves de langue, dont les paroles ne sont pas entendues, il est signifié ceux qui sont dans une doctrine inintelligible et par suite dans une religion difficile a comprendre, dont les dogmes ne sont point perceptibles ; la lèvre signifie la doctrine, la langue la religion, et les paroles les dogmes de la religion; c'est pourquoi, par ces peuples sont entendues les nations qui n'ont point la Parole, et qui par conséquent ne connaissent point Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur; par« n'obéiraient-ils pas, s'il était envoyé vers eux?» il est signifié que si ces nations étaient instruites, elles recevraient les Vrais Divins. Dans Ésaïe : « Un peuple opiniâtre tu ne verras point, peuple de profondeurs de lèvre au point que tu n'entendes pas, barbare de langue sans intelligence. » — XXXIII. 19 ; — par un peuple de profondeurs de lèvre et barbare de langue, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus par les peuples profonds de lèvre et graves de langue; qu'il ne soit pas entendu un peuple qui ait un tel langage, qu'on ne puisse le comprendre, cela est évident, car il est dit aussi « barbare de langue sans intelligence; » en effet, l'intelligence peut être dans leur langue ou leur langage, mais elle n'est pas dans leur religion. Dans le Même : « J'ai juré que devant Moi fléchira, tout-genou, et jurera toute langue. » — XLV. 23 ; — ces paroles ont été dites de
l'avènement du Seigneur; et par « tout genou fléchira, » il est signifié que tous ceux qui sont dans le bien naturel d'après le spirituel adoreront le Seigneur, le genou signifie la conjonction du bien naturel avec le spirituel, d'où il est évident que les génuflexions signifient la reconnaissance, l'action de grâces et l'adoration d'après le bien et le plaisir spirituel dans le naturel; «toute langue jurera,» signifie que tous ceux qui sont dans le bien d'après la religion confesseront le Seigneur, jurer signifie confesser et la langue signifie la religion suivant laquelle on vit. Dans David : « Ma langue médite sur ta justice, tout le jour sur ta louange. » — Ps. XXXV. 28; — ici aussi, par la langue est signifiée la confession d'après la doctrine de l'Église, car il est dit qu'elle médite; la justice se dit du bien de la doctrine, et la louange se dit du vrai de la doctrine, comme aussi ailleurs dans la Parole. Pareillement ailleurs dans le Même : « Ma langue tout le jour méditera ta justice. » — Ps. LXXI. 24. — Dans le Même : « De fiel les impies m'entourent, l'incommodité de leurs lèvres les couvre, des charbons embrasés les accablent; que par le feu il les précipite dans des fosses dont ils ne se relèvent point ; que l'homme de langue ne subsiste point dans la terre. » — Ps. CXL. 10,11, 12; — par le fiel est signifié le vrai falsifié qui en soi est le faux ; par l'incommodité de lèvres est signifié le faux de la doctrine qui en provient, car les lèvres signifient la doctrine ; par les charbons embrasés qui les accableront, et par le feu par lequel ils seront précipités dans des fosses, il est signifié le faste de la propre intelligence et l'amour de soi, par lesquels ils tombent entièrement dans les faux, les charbons embrasés signifient le faste de la propre intelligence, le feu l'amour de soi, et les fosses les faux; tous les faux de la doctrine dans l'Église et toutes les falsifications de la Parole existent aussi par le faste de la propre intelligence et par l'amour de soi ; d'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par « que l'homme de langue ne subsiste point dans la terre, »à savoir, la fausse religion. Dans le Même : « Par mon âme au milieu des lions je couche, les fils de l'homme sont enflammés, leurs dents (sont) lance et dards, et leur langue une épée aiguë. »- Ps. LVII. 5 ; — par les lions sont signifiés ceux qui dépouillent l'Eglise de vrais, et ainsi la détruisent ; par les fils de l'homme, qui sont enflammés, sont signifiés ceux qui sont dans les vrais de l'Église, et abstractivement les vrais mêmes, qui sont dits être enflammés par le faste de la propre intelligence, de là les faux ; « leurs dents sont lance et dards, » signifie les raisonnements d'après les
sensuels externes et ainsi d'après les illusions et les faux de la religion, par lesquels les vrais sont détruits, les dents signifient les derniers de la vie de l'homme, qui sont les sensuels externes, ici les raisonnements d'après ces sensuels, et la langue signifie les faux de la religion ; c'est pour cela qu'il est dit « leur langue est une épée aiguë, » car par l'épée est signifiée la destruction du vrai par les faux. Dans Job : « Tireras-tu le Léviathan avec un hameçon, et avec une corde enfonceras-tu sa langue. » — XL. 20 ;- dans ce Chapitre et dans le suivant il s'agit de Béhémoth et du Léviathan, et par l'un et l'autre est signifié l'homme naturel, par Béhémoth l'homme naturel quant aux biens qui sont appelés plaisirs de l'amour naturel, et par le Léviathan l'homme naturel quant aux vrais qui sont appelés scientifiques et connaissances, d'où provient la lueur naturelle; ils sont décrits tous deux par de pures correspondance, en style antique; que le raisonnement d'après la lueur de la nature au moyen des scientifiques ne puisse être réprimé que par Dieu, cela est décrit dans ce Chapitre et dans le suivant par le Léviathan, et aussi par ces paroles : « Tireras-tu le Léviathan avec un hameçon, et avec une corde enfonceras-tu sa langue;» par la langue est signifié le raisonnement d'après les scientifiques : que le Léviathan signifie l'homme naturel quant aux scientifiques, on peut le voir d'après d'autres passages de la Parole, où il est nommé; par exemple,—Es. XXVII. 1. Ps. LXXIV. 14. Ps. CIV, 26; -puis, en ce que la Baleine, qui est entendue par le Léviathan, signifie l'homme naturel quant aux scientifiques. Dans Ésaïe : « Le cœur des étourdis comprendra pour savoir, et la Langue des bègues sera prompte à parler. » — XXXII. 4 ; — par les étourdis sont entendus ceux qui saisissent et croient facilement les choses qui sont dites, par conséquent aussi les faux ; il est dit d'eux qu'ils comprendront et sauront, c'est-à-dire qu'ils recevront les vrais; par les bègues sont entendus ceux qui peuvent difficilement saisir les vrais de l'Église ; par « leur langue sera prompte à parler, » il est entendu qu'ils les confesseront d'après l'affection; prompt se dit de l'affection. Dans le Même : « Alors sautera comme un cerf le boiteux, et chantera la langue du muet, parce que se répandront des eaux dans le désert, et des torrents dans la plaine du désert. » — XXXV. 6; — ces paroles ont été dites de l'avènement du Seigneur; et par le boiteux sont signifiés ceux qui sont dans le bien, mais dans le bien non réel, parce qu'ils sont dans l'ignorance du vrai par lequel il y a le bien ; « il sautera comme un cerf, » signifie qu'il aura de la joie d'après la perception du vrai ; par le muet sont signifiés ceux qui, à cause de l'ignorance du vrai, ne peuvent confesser le Seigneur, ni les vrais réels de l'Église ;« il chantera, «signifie la joie d'après l'intelligence du vrai; « des eaux se répandront dans le désert, » signifie que les vrais seront ouverts là où ils n'étaient pas auparavant; « et des torrents se répandront dans la plaine du désert, » signifie que là il y aura l'intelligence, car les eaux signifient les vrais, et les torrents , l'intelligence. D'après cela, on peut voir ce qui est signifié dans le sens spirituel par le sourd qui parlait difficilement, et que le Seigneur guérit; il en est parlé ainsi dans Marc : «Jésus, prenant le sourd qui parlait difficilement, lui mit ses doigts dans les oreilles, et ayant craché il lui toucha la langue ; et regardant vers le ciel, il soupira, et lui dit : Ephatah, c'est-à-dire, ouvre-toi. Et aussitôt furent ouvertes ses oreilles, et fut dégagé le lien de sa langue, et il parla distinctement. » — VII. 33, 34, 35; - que les Miracles du Seigneur, parce qu'ils étaient Divins, aient tous contenu et signifié des choses analogues appartenant au Ciel et à l'Église, et que ce soit pour cela qu'ils consistaient en guérisons de maladies, par lesquelles étaient signifiées diverses guerisons de la vie spirituelle, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 7337, 8364, 9031 ; par le sourd sont signifiés ceux qui ne sont pas dans l'entendement du vrai, ni par suite dans l'obéissance, et par celui qui parle difficilement sont signifiés ceux qui en conséquence sont difficilement dans la confession du Seigneur et du vrai de l'Église; par les oreilles ouvertes par le Seigneur il est signifié la perception du vrai et l'obéissance; et par la langue, dont le lien a été dégagé par le Seigneur, il est signifié la confession du Seigneur et des vérités de l'Église. Les Apôtres et d'autres, après la résurrection du Seigneur, parlèrent de nouvelles langues, cela signifiait aussi la confession du Seigneur et des vérités de l'Église nouvelle; voici sur ce sujet ce qu'on lit dans Marc : « Jésus dit : Ces signes suivront ceux qui croient : En mon Nom les démons ils chasseront, et des langues nouvelles ils parleront. »—XVI. 17;—par chasser les démons il est signifié éloigner et rejeter les faux du mal, et par parler des langues nouvelles il est signifié confesser le Seigneur et les vrais de l'Église qui viennent de Lui : c'est pourquoi, « les Apôtres virent des langues séparées, comme de feu, qui se posèrent sur eux; et alors, remplis d'esprit saint, ils commencèrent à parler d'autres langues, » — Act. Apôt. II. 3, 4 ; — par le feu était signifié l'amour du vrai, et la réception du Divin Vrai procédant du Seigneur était signifiée en ce qu'ils furent remplis d'esprit saint; par les langues nouvelles étaient signifiées les confessions d'après l'amour du vrai ou d'après le zèle; car, ainsi qu'il vient d'être dit, tous les miracles Divins, par conséquent tous les miracles rapportés dans la Parole, enveloppaient et signifiaient des spirituels et des célestes, c'est-à-dire, des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église ; en cela les Miracles Divins sont distingués des Miracles non Divins. Il serait superflu de rapporter plusieurs passages de la Parole, qui confirment que par les langues il est entendu, non pas des langages dans le sens ordinaire, mais des confessions d'après les vrais de l'Église; et, dans le sens opposé, des confessions d'après les faux d'une religion.
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