| Apocalypse Expliquée 278. Et le premier Animal, semblable à un Lion, signifie l'apparence dans les derniers quant à la puissance et à l'effet du Divin Vrai procédant du Seigneur : on le voit par la signification du lion, en ce qu'il est le Divin Vrai procédant du Seigneur quant à la puissance et à l'effet, ainsi qu'il va être expliqué; que ce soit l'apparence dans les derniers, c'est parce que les Chérubins ont été vus comme Animaux, et ce premier Chérubin comme un lion ; il est dit dans les derniers, parce que cette apparence se manifestait devant Jean quand il était en esprit, et que celui-ci a vu toutes ces choses dans les derniers, où les Divins Célestes et Spirituels sont représentés de différentes manières, tantôt par des jardins et des paradis, tantôt par des palais et des temples, tantôt par des fleuves et des eaux, tantôt par des Animaux de divers genre, comme lions, chameaux, chevaux, bœufs, taureaux, brebis, agneaux, colombes, aigles, et plusieurs autres : les Prophètes, par lesquels la Parole a été écrite, ont vu de pareilles choses, et cela, afin que la Parole dans ses derniers, qui sont les choses contenues dans le sens de sa lettre, consistât en choses qui sont dans le monde, lesquelles seraient les représentations et les correspondances de choses célestes et spirituelles, et afin qu'elle servît ainsi de base et de fondement au sens spirituel : c'est aussi pour cette raison, que les Chérubins, par lesquels sont signifiées la Garde et la Providence du Seigneur pour qu'on n'approche des Cieux supérieurs que par le bien de l'amour et de la charité, ont été vus par Jean, et aussi par Ézéchiel, quant à leurs faces comme des Animaux. Puisque c'est le Seigneur qui garde et pourvoit, et cela, par le Divin Vrai et par le Divin Bien, ainsi par sa Divine Sagesse et par sa Divine Intelligence, c'est pour cela qu'ils virent quatre Animaux, qui étaient semblables à un lion, à un veau, à un homme et à un aigle; car de cette manière par le lion a été représenté le Divin Vrai quant à la puissance; par le veau, le Divin Bien quant à la défense; par l'homme, la Divine Sagesse; et par l'aigle, la Divine Intelligence; la Divine Providence du Seigneur quant à la garde des Cieux supérieurs, pour qu'on ne s'en approche que par le bien de l'amour et de la charité renferme ces quatre choses. Que le Lion signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur quant à la puissance, on le voit par les passages de la Parole, où il est nommé ; ainsi, par les suivants ; dans Moïse : « Un petit de Lion, Jehudah! de la proie, mon fils, tu es monté; il s'est courbé, il s'est couché comme un vieux lion; qui le fera lever? » — Gen. XLIX. 9 ; — là, par Jehudah est signifié le Royaume Céleste du Seigneur, où tous sont dans la puissance par le Seigneur au moyen du Divin Vrai ; cette puissance est entendue par le petit de lion et par le vieux lion ; par la proie, de laquelle il est monté, est signifiée la dissipation des faux et des maux ; se courber, c'est se mettre en puissance ; se coucher, c'est être en sûreté contre tout faux et tout mal, aussi est-il dit : Qui le fera lever? Que par Jehudah dans la Parole soit signifié le Royaume Céleste du Seigneur, on le voit, Nos 3654, 3881, 5603, 5782, 6363 ; voir aussi, que par la proie, quand il s'agit de ce Royaume et du Seigneur, il est signifié la dissipation des faux et des maux, et aussi la délivrance et l'affranchissement de l'enfer, Nos 6368, 6442 ; que par se courber, quand il s'agit du lion, il est signifié se mettre en puissance, N° 6369 ; et par se coucher, l'état de sécurité et de tranquillité, N° 3696. Dans le Même : « En ce temps, il sera dit à Jacob et à Israël ce qu'a fait Dieu? Voici, un peuple comme un vieux lion se lèvera, et comme un jeune lion il s'emportera; il ne se reposera point qu'il n'ait mangé la proie, » — Nomb. XXIII, 23, 24 ; — et dans le Même : « Il se courbe, il se couche comme un vieux lion; qui le fera lever? Quiconque le bénit (sera) béni, et quiconque le maudit (sera) maudit. » — Nomb. XXIV. 9. -Ici, il s'agit de Jacob et d'Israël, par lesquels est signifié le Royaume spirituel du Seigneur ; leur puissance est décrite par le vieux lion et le jeune lion, qui se lèvent, s'emportent et se courbent; la dissipation des faux et des maux est signifiée par manger la proie, et l'état de sécurité et de tranquillité par « se coucher, qui le fera lever? » Que par Jacob et Israël, dans la Parole, il soit entendu le Royaume spirituel du Seigneur, on le voit, Nos 4286, 4570, 5973, 6426, 8805, 9340. Ce que c'est que le Royaume Céleste du Seigneur, et ce que c'est que son Royaume Spirituel, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 20 à 28. Que se courber, ce soit se mettre en puissance, que la proie ou la rapine soit la dissipation des faux et des maux, et que se coucher, ce soit l'état de sécurité et de tranquillité, quand ces expressions s'appliquent au lion, on vient de le voir ci-dessus. Dans Nahum : « Où est-il le repaire de lions, et le pâturage des jeunes lions, là où allait lion, vieux lion, petit de lion, et nul ne les effrayait? »— II. 12 ; — par les lions ici sont aussi signifiés ceux qui sont en puissance par le Divin Vrai ; par leur repaire il est signifié où sont ceux qui leur ressemblent dans l'Église ; par leur pâturage sont signifiées les connaissances du vrai et du bien ; par « aller, et nul ne les effrayait, » est signifié leur état de sécurité contre les faux et les maux. Dans Michée : « Les restes de Jacob seront au milieu de peuples nombreux comme une rosée d'avec Jéhovah, comme des gouttes sur l'herbe, comme un lion parmi les bêtes de la forêt, comme un jeune lion parmi des troupeaux de brebis, qui, s'il passe, foulera et dispersera, et personne pour délivrer : élevée sera ta main sur tes adversaires, et tous tes ennemis seront retranchés. »— V. 6, 7, 8; —par les restes de Jacob sont signifiés les vrais et les biens de l'Église ; par une rosée d'avec Jéhovah est signifié le vrai spirituel, et par les gouttes sur l'herbe, le vrai naturel ; par le lion parmi les bêtes de la forêt, et le jeune lion parmi des troupeaux de brebis, et par fouler et disperser, et personne pour délivrer, il est signifié la puissance sur les maux et sur les faux ; comme ce sont là les choses qui sont signifiées, il est dit en conséquence, « élevée sera ta main sur tes adversaires, et tous tes ennemis seront retranchés; » car par les adversaires sont signifiés les maux, et par les ennemis les faux, voir Nos 2851, 8289, 9314, 10481. Dans Ésaïe : « Ainsi a dit le Seigneur : Va, pose la sentinelle qui regardera et annoncera; et elle vit char, paire de cavaliers, char à âne, char à chameau, et elle écouta avec attention : et il s'écria, le lion : Sur le guet, Seigneur, moi je me tiens continuellement de jour, et sur ma garde moi je suis apposté toutes les nuits. Elle est tombée, elle est tombée, Babel. » — XXI. 6, 7, 8, 9 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur et de la nouvelle Église alors ; par le lion sur le guet il est signifié la garde et la Providence du Seigneur, aussi est-il dit, « moi, je me tiens continuellement de jour, et sur ma garde moi je suis apposté toutes les nuits; » par char et par paire de cavaliers est signifiée la doctrine du vrai d'après la Parole, et par écouter avec attention, la vie selon cette doctrine : que le char signifie la doctrine du vrai, on le voit, Nos 2761, 2762, 5321, 8029, 8215; voir aussi, que le cavalier signifie la Parole quant à l'entendement, N°s 2763,6401,6534,7024, 8146,8148. Dans le Même: «Ainsi que rugit le lion, et le jeune lion sur sa proie, lorsque accourt contre lui la plénitude des pasteurs, ainsi descendra Jéhovah Sébaoth pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline. »—XXXI. 4 ; —là, Jéhovah est comparé à un lion qui rugit, parce que par le lion est signifiée la puissance d'arracher de l'enfer ou des maux, et par rugir, la défense contre les maux et les faux, aussi est-il dit, « ainsi descendra Jéhovah Sébaoth pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline ; » la montagne de Sion et sa colline, c'est l'Église céleste et l'Église spirituelle ; la proie, sur laquelle rugissent le lion et le jeune lion, signifie la délivrance des maux qui proviennent de l'enfer. La même chose est signifiée par rugir quand il s'agit du lion ; dans Hosée : « Je ne retournerai point pour détruire Éphraïm ; ils iront après Jéhovah, (qui) comme un lion rugit. » — XI. 9,10 ;— dans Amos : « Le lion a rugi, qui ne craindra ? le Seigneur Jéhovih a parlé, qui ne prophétisera ? » — III. 8 ;—dans l'Apocalypse : « L'Ange cria à voix grande, ainsi qu'un lion rugit, » — X.3 ; — et dans David : « Les lions rugissent après la proie, et pour demander à Dieu leur nourriture; le soleil se lève-t-il? ils se rassemblent, et dans leurs repaires ils reposent, » — Ps. CIV. 21, 22 ; —par ces paroles, dans David, est décrit l'état des Anges du Ciel, quand ils ne sont pas dans l'état d'un amour intense et d'une sagesse qui provient de cet amour, et quand ils reviennent dans cet amour et dans cette sagesse ; le premier état est décrit par « les lions qui rugissent après la proie, et demandent à Dieu leur nourriture; »le second état est décrit par« le soleil se lève-t-il ?-ils se rassemblent, et dans leurs repaires ils reposent; » par les lions sont entendus les Anges du Ciel ; par rugir, le désir ; par la proie et la nourriture, le bien qui appartient à l'amour et le vrai qui appartient à la sagesse ; par le soleil qui se lève, le Seigneur quant à l'amour et à la sagesse qui en procède ; par se rassembler, revenir dans l'état céleste; et par reposer dans leurs repaires, l'état de tranquillité et de paix : sur ces deux états des Anges du Ciel, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 154 à 161. Comme Jéhovah est comparé à un Lion d'après le Divin Vrai quant à la puissance, voilà pourquoi le Seigneur est appelé Lion dans l'Apocalypse : « Voici, il a vaincu, le Lion, qui est de la Tribu de Jehudah, la racine de David. » —V. 5; — et comme toute puissance vient du Seigneur par le Divin Vrai, c'est aussi pour cela qu'elle est signifiée par le Lion ; par exemple, dans Moïse : « Il est dit de Gad : Béni (soit) celui qui a donné de la largeur à Gad; comme un Lion il habite; il enlève le bras et même la tête. »— Deutér. XXXIII. 20 ; — par Gad est signifiée dans le sens suprême la Toute-Puissance, et par suite dans le sens représentatif la puissance qui appartient au vrai, voir Nos 3934, 3935 ; de là il est dit « béni soit celui qui a donné de la largeur à Gad, » car par la largeur est signifié le vrai, Nos 1613, 3433, 3434, 4482,9487, 10179 ; que toute puissance vienne du Divin Vrai, c'est ce qu'on voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, dans l'Article de la puissance des Anges du Ciel, Nos 228 a 233. Le Lion signifiant la puissance, c'est pour cette raison qu'il est dit dans la complainte de David sur Saül et Jonathan : « Saül et Jonathan, aimables, plus que les aigles ils étaient prompts, plus que les lions ils étaient forts. » — II Sam. I. 23; — là, par Saül comme roi, et par Jonathan comme fils de roi, il est entendu le vrai qui défend l'Église, car il s'agit là de la Doctrine du vrai et du bien ; en effet, David intitula cette complainte : Enseignement aux fils de Jehudah pour l'arc, Vers. 18 du même Chap. ; par l'arc est signifiée cette doctrine, voir Nos 2686, 2709, 6422. Comme les Rois de Jehudah et d'Israël représentaient le Seigneur quant au Divin Vrai, et le Trône le Jugement qui se fait d'après le Divin Vrai, et les lions la puissance, la garde et la tutelle contre les faux et les maux, c'est pour cela que près des deux bras du Trône construit par Salomon il y avait deux lions, et de chaque côté sur les six degrés douze lions,— II Rois, X. 18, 19, 20. —D'après ces explications, on peut voir ce qui est signifié dans la Parole par les lions, lorsqu'il s'agit du Seigneur, du Ciel et de l'Église. Par les lions aussi, dans la Parole, est signifiée la puissance du faux d'après le mal, par lequel est détruite et dévastée l'Église ; ainsi, dans Jérémie : « Contre lui ont rugi de jeunes lions, ils ont donné de leur voix, ils ont réduit sa terre en dévastation, » — II. 15 ; — et dans Ésaïe : « Ses traits (sont) acérés, et tous ses arcs tendus, les sabots de ses chevaux sont réputés comme des cailloux; il a un rugissement comme celui du lion, il rugit comme les jeunes lions, et il frémit et il saisit la proie. » — V. 28, 29 ; — et en outre dans plusieurs autres passages ; par exemple,—Ésaïe, XI. 6. XXXV. 9. Jérém. IV. 7. V. 6. XII. 8. L. 17. LI. 38. Ézéch. XIX. 3, 5, 6. Hos. XIII. 7, 8. Joël, I. 6, 7. Ps. XVII. 12. Ps. XXII. 14. Ps. LVII. 5. Ps. LVIII. 7, 8. Ps. XCI. 13.
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