menu.jpg


 
Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
Référence A value is required.Invalid format.
 
 
 
Apocalypse Expliquée 242. 

D'acheter de Moi de l'or éprouvé au feu, pour que tu t'enrichisses, signifie pour qu'ils acquièrent du Seigneur le bien réel, afin qu'ils puissent recevoir les vrais de la foi : on le voit par la signification Racheter, en ce que c'est acquérir et s’approprier, Nos 4397, 5374, 5406, 5410, 5426; parla signification de l'or éprouvé au feu, en ce que c'est le bien réel, par conséquent le bien qui procède du Seigneur, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de pour que tu t'enrichisses, en que c'est pour qu'il puisse recevoir les vrais de la foi ; si devenir riche signifie cela, c'est parce que les richesses et l'opulence signifient les connaissances du vrai et du bien ; et les riches, ceux qui par ces connaissances sont dans l'intelligence, et ici ceux qui par elles sont dans la foi, parce qu'il s'agit ici de ceux qui sont dans la doctrine de la foi seule; de là il est bien évident que « d'acheter de Moi de l'or éprouvé au feu, pour que tu t'enrichisses, » signifie pour qu’ils acquièrent du Seigneur le bien réel, afin qu'ils puissent recevoir les vrais de la foi. Il sera d'abord dit comment cela doit être entendu : Qu'il n'y ait pas de vrai qui soit vrai en soi sinon d'après le bien, ni par conséquent de foi qui soit foi en elle-même sinon d’après la charité, c'est ce qui a déjà été dit souvent ; en effet, il n'y a pas de vrai qui soit vrai en soi, s'il n'a pas la vie spirituelle, et il a vie spirituelle alors qu'il est formé d'après le bien de la charité car le vrai est la forme du bien, et le bien est l'être du vrai, ainsi il est aussi sa vie ; or, le bien ne vient que du Seigneur, et quand le bien vient du Seigneur, le vrai qui procède du bien concerne le Seigneur en premier lieu, et aussi le prochain et le bien du prochain, car le Seigneur influe avec le bien, et d'après ce bien il forme le vrai qui est le vrai de la foi, et fait que la vue spirituelle de l'homme se porte sur le Seigneur et sur le prochain ; qu'il en soit ainsi, cela a été montré dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 145, 251, à savoir, que le Seigneur regarde les Anges et les hommes au front, et que ceux-ci regardent le Seigneur par les yeux, et cela, parce que le front correspond au bien de l'amour, et que les yeux correspondent à l'entendement par suite illustré, par conséquent aux vrais qui appartiennent à la foi ; et il a été aussi montré, dans le même Traité, N°s 17, 123, 124, 142, 143, 144, 510, que dans le Monde spirituel tous sont tournés vers leurs amours, et que ceux qui ont reconnu le Seigneur et ont cru en Lui sont tournés vers Lui, et que par suite ils ont le bien, et par le bien l'illustration quant aux vrais : d'après cela on peut voir ce que c'est que le bien réel qui est signifié par l'or éprouvé au feu, à savoir, que c'est le bien qui procède du Seigneur Seul. Puisque, dans ce qui a été écrit à l'Ange de cette Église, il s'agit de ceux qui vivent selon la doctrine de la foi seule, et que ceux qui se sont confirmés dans cette doctrine, lesquels dans le monde ont d'après cela été appelés savants, ont pu lier les faux aux vrais et donner une apparence de vérité à cette doctrine, il m'a en conséquence été donné de parler dans l'autre vie avec quelques-uns d'eux, et comme les choses qui ont été dites alors de part et d'autre peuvent servir à l'illustration de ce sujet, je vais les rapporter. Ces savants, d'après leur opinion dans le monde, pensaient que la foi pouvait être donnée sans la charité, et que l'homme est justifié par cette foi seule ; leur discours était tout à fait ingénieux, lorsqu'ils disaient que la foi peut être donnée sans la charité, par la raison qu'elle est la première, et que par elle l'homme est dans le bien ; qui est celui, disaient-ils, qui ne peut croire qu'il y a un Dieu, que la Parole est Divine, et autres choses semblables, lesquelles, si on ne les croyait , pas, ne pourraient être ni reçues ni pensées par l'homme? De là ils concluaient que la foi peut être donnée sans la charité, parce qu'elle précède ou est antérieure, et que si elle peut être donnée, c'est elle qui sauve, parce que l'homme ne peut faire le bien par lui-même, si donc elle ne sauvait pas, tout homme périrait ; sans la foi il n'y aurait pas non plus présence de Dieu chez lui, et s'il n'y avait pas présence de Dieu, le mal régnerait, et le bien ne serait chez personne ; c'est là, disaient-ils, ce qui est entendu par la justification par la foi seule. Mais il leur fut montré qu'il n'y avait pas la foi, à moins qu'il n'y eût en même temps la charité, et que ce qu'ils disaient , être la foi, était seulement les connaissances, qui les premières sont chez chaque homme, par exemple, qu'il y a un Dieu et que la Parole est Divine, et autres choses semblables, et que ces connaissances sont non pas dans l'homme, mais vers lui dans l'entrée, qui est sa mémoire, avant qu'elles soient dans sa volonté ; et qu'autant elles sont dans sa volonté, autant elles sont dans l'homme lui-même, car la volonté est l'homme même, et qu'autant elles sont dans la volonté, autant elles sont dans sa vue, qui est la foi; les connaissances elles-mêmes, qui précèdent, et se présentent à la vue naturelle comme des choses que l'on croit, ne deviennent pas de la foi auparavant, d'où il résulte que la vue des connaissances, qu'on s'imagine être de la foi, se retire de l'homme successivement selon que celui-ci commence à mal penser par suite de mal vouloir, et qu'elle se retire aussi de lui après la mort, quand l'homme devient esprit, si les connaissances n'ont pas été enracinées dans sa vie, c'est-à-dire, dans sa volonté ou dans son amour. Cela peut être illustré par une comparaison avec les ventricules qui sont chez les oiseaux et chez des animaux de la terre, ventricules qu'on nomme ruminatoires ; ils y rassemblent d'abord leurs aliments, et ensuite par degrés ils les retirent et les mangent, et ainsi ces aliments nourrissent le sang, par conséquent deviennent choses de leur vie : à ces ventricules correspond la mémoire chez l'homme ; l'homme en jouit à leur place, parce que l'homme est spirituel ; il y rassemble d'abord les aliments spirituels, qui sont les connaissances, et ensuite il les retire comme en ruminant, c'est-à-dire, en pensant et voulant, et il se les approprie et les rend ainsi choses de sa vie : par cette comparaison, bien que faible, on peut voir que les connaissances, si elles ne sont pas implantées dans la vie en les pensant et les voulant et par suite en les faisant, sont semblables à des aliments non consommés dans les ventricules ruminatoires, dans lesquels, ou ils se corrompent, ou ils sont vomis. En outre, le cercle de la vie de à Vouloir et à Faire; en effet, la vie spirituelle de l'homme commence par le Savoir, puis elle est continuée dans le Comprendre, ensuite dans le Vouloir, et enfin dans le Faire ; de là il est encore évident que les connaissances sont seulement dans l'entrée vers la vie quand elles sont dans la mémoire, et qu'elles ne sont pleinement dans l'homme que quand elles sont dans les faits, et elles sont d'autant plus pleinement dans les faits qu'elles sont plus pleinement dans l'entendement et dans la volonté. De plus, il leur fut montré que la foi des connaissances, avant qu'elle devienne la foi de la vie, est une foi historique, et l'on sait quelle est cette foi, c'est-à-dire, qu'elle consiste à croire qu'une chose est ainsi, parce qu'un autre l'a dit ; avant de devenir propre à l'homme lui-même cela appartient à autrui ou à un autre homme chez lui ; et en outre la foi historique est telle qu'est la foi à des choses inconnues, car il est dit qu'il faut croire quoiqu'on ne comprenne point, et que même il ne faut pas faire des recherches par l'entendement, lorsque cependant la foi spirituelle est telle, que les vrais sont vus en elle, et ainsi sont crus ; dans le Ciel, aucun ange ne croit un vrai à moins qu'il ne le voie ou qu'il ne l'ait vu ; en effet, les Anges disent : Qui peut croire que telle chose est un vrai, à moins qu'il ne le voie, ce pourrait être un faux? et croire le faux, il n'y a que les méchants qui le puissent, car les méchants d'après le mal voient les faux, mais les bons d'après le bien voient les vrais; et comme le bien vient du Seigneur, la vue du vrai d'après le bien vient aussi du Seigneur : si les Anges voient les vrais, c'est parce que la lumière du Ciel, dans laquelle ils sont, est le Divin Vrai procédant du Seigneur ; de là tous ceux chez qui, dans le monde, il y a aussi cette lumière, ont la vue du vrai ; que telle soit la Lumière du Ciel, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 126 à 140. Ensuite il leur fut montré que la Charité et la Foi font un, et entrent en même temps chez l'homme ; qu'ainsi autant l'homme est dans la charité, autant il est dans la foi, puisque la foi quant à l'essence est la charité, absolument de la même manière que le vrai quant à l'essence est le bien; en effet, quand le bien existe en espèce ou en forme il est le vrai, ainsi la charité est la foi, car le bien appartient à la charité et le vrai appartient à la foi ; l'un aussi aime l'autre et se conjoint à l'autre, c'est pourquoi l'un n'est pas donné sans l'autre en même temps ; cela fut illustré par la pensée de l'homme, laquelle appartient à son entendement, et par l'affection qui appartient à sa volonté; penser sans affection est impossible, car l'essence même de la pensée est l'affection ou l'amour; l'homme, il est vrai, peut penser toutes les choses qu'il sait d'après la doctrine de l'Eglise, mais d'après l'affection naturelle, qui est l'affection ou l'amour de la gloire, de la réputation, de l'honneur, du lucre; toutefois cette affection ne fait pas que la pensée soit spirituelle, mais il faut qu'il y ait la charité qui est l'affection spirituelle elle-même ; quand celle-ci se conjoint aux connaissances, elle devient la foi, et ensuite autant l'homme est dans cette affection, autant il voit par la pensée les choses qui appartiennent à sa foi, et qui sont appelées des vrais, et il les reconnaît, parce qu'elles viennent de son esprit même, par conséquent de sa vie spirituelle même ; c'est là aussi ce qui est appelé illustration ; de là résulte que personne ne peut être illustré d'après la Parole, à moins qu'il ne soit dans l'affection spirituelle du vrai. Il y a, il est vrai, quelque chose ressemblant à l'illustration chez ceux qui se sont confirmés dans les choses concernant la Doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi; mais cette illustration est une illustration chimérique, puisque les faux peuvent être confirmés aussi bien que les vrais, comme toutes les hérésies, tant celles qui règnent chez les Juifs que celles qui règnent chez les Catholiques-Romains ; une pareille lumière après les confirmations existe aussi chez ceux qu'on nomme naturalistes, et qui nient Dieu et le Divin de la Parole, et en outre toutes les choses de l'Église ; il en est de même chez ceux qui se sont confirmés dans la foi seule et dans la justification par cette foi ; que la lumière de la confirmation soit une lumière naturelle, non spirituelle, pouvant même exister chez les méchants, on le voit, ]N° 8780. Mais revenons à la foi qui est, quant à l'essence, la charité ; cette foi est continuellement perfectionnée par des choses qui confirment, car toujours, d'après la lumière spirituelle, un plus grand nombre de vrais sont vus, et tous ces vrais se conjoignent au bien de la charité et le perfectionnent ; par là l'homme obtient l'intelligence et la sagesse, et enfin l'intelligence et la sagesse angéliques. Outre cela, ceux qui sont seulement dans les connaissances de la foi, et non dans la vie selon ces connaissances, croient que l'homme peut facilement recevoir la foi, sinon dans le monde, du moins dans l'autre vie, disant en eux-mêmes : Quand j'entendrai et verrai que cela est ainsi, je pourrai croire ; mais ils se trompent lourdement, car ceux qui n'ont pas pu recevoir la foi spirituelle dans le monde, ne peuvent jamais la recevoir ensuite, lors même qu'ils entendraient et verraient mille fois ; cela vient de ce que cette foi est non dans l'homme mais hors de lui ; qu'il en soit ainsi, on peut le voir clairement en ce que tous ceux qui sortent du monde sont d'abord reçus par des Anges et par de bons esprits, et sont instruits de toute manière; plusieurs vrais leur sont même montrés d'une manière vivante et visible (ad vivum et ad visum), mais néanmoins ils ne les reçoivent pas, aussi s'éloignent-ils des bons esprits et s'approchent-ils de ceux qui sont dans une foi nulle : il leur fut dit encore que si la foi était reçue par le seul savoir et le seul penser, elle serait reçue par tous également, aussi bien par les méchants que par les bons, et qu'ainsi personne ne serait damné. Que la Charité, qui est l'affection spirituelle, ne puisse jamais être donnée chez l'homme, à moins qu'il ne sache les vrais, ne s'examine selon eux, ne les reçoive, et ne mène une vie nouvelle conforme à ces vrais, on le voit ci-dessus, N° 239 ; de là résulte que la vie de la foi est la charité, et qu'il n'y a dans la foi que la portion de vie qu'il y a dans la charité, et aussi qu'autant il y a de charité dans la foi, autant l'homme est conduit par le Seigneur, mais qu'autant il n'y a pas de charité, autant il est conduit par lui-même ; et celui qui est conduit par soi-même, et non par le Seigneur, ne peut penser le bien, ni à plus forte raison vouloir et faire le bien qui est le bien en soi, car du propre de l'homme il ne procède que le mal; en effet, quand l'homme d'après le propre pense le bien et veut et fait le bien, c'est seulement pour lui-même et pour le monde, ce sont là les fins de ses œuvres; or, les fins sont les amours qui le conduisent, et l'homme ne peut être détourné de son propre, ou élevé au-dessus de son propre, à moins que, quant aux choses qui appartiennent à la vie, il ne tourne ses regards vers le Seigneur; par cette vue il est conjoint au Ciel, et par suite le Seigneur lui donne l'affection spirituelle. Quand ces choses et celles qui précèdent eurent été dites, ceux avec qui j'avais parlé sur ce sujet furent mis dans la lumière spirituelle, lumière qui est telle, que les vrais y peuvent être vus aussi clairement que dans la lumière du monde on voit les objets qui sont dans le monde ; et alors ceux qui étaient dans la doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi, ne purent s'empêcher d'affirmer que cela est ainsi ; mais dès que cette lumière leur fut ôtée, et qu'ils furent remis dans leur lumière, qui était naturelle, ils ne purent voir autrement sinon que la vue des connaissances était la foi qui sauve, et qu'ainsi les faux, qu'ils avaient admis comme constituant leur foi, étaient des vrais; les faux deviennent constitutifs de la foi quand les maux appartiennent à la vie. Mais revenons à l'explication des paroles de ce passage, qui sort : Je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé au feu, pour que tu t'enrichisses, par lesquelles il est signifié pour qu'ils acquièrent du Seigneur le bien réel, afin qu'ils puissent recevoir les vrais; et maintenant montrons que l'or, dans la Parole, signifie le bien de l'amour; cela peut être évident d'après les passages qui suivent; dans Malachie : « Voici, je vais envoyer mon Ange, qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendra vers son Temple le Seigneur que vous cherchez, et l'Ange de l'alliance que vous désirez; il s'assiéra affinant et épurant l'argent, et il purifiera les fils de Lévi; il les nettoiera comme l'Or et l'Argent, afin qu'ils soient apportant à Jéhovah une minchah en justice. » — III. 1, 2, 3 ; — ces choses ont été dites de l'avènement du Seigneur; il est dit que Jéhovah doit envoyer l'Ange qui préparera le chemin devant Lui, et par l'Ange il est entendu Jean-Baptiste, comme on le sait; devant Moi ou devant Jéhovah signifie le Divin Même du Seigneur ; le Temple vers lequel il doit venir, signifie son Divin Humain ; si ce Divin Humain est nommé l'Ange de l'alliance c'est parce que par Lui il y a conjonction des hommes et des Anges avec le Divin Même, car l'alliance est la conjonction ; par l'argent qu'il affinera et épurera en s'asseyant, il est entendu le vrai d'après le bien ; par les fils de Lévi, tous ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans les vrais de la foi, aussi est-il dit qu'il les nettoiera comme l'or et comme l'argent ; cela est dit, parce que l'or signifie le bien, et l'argent le vrai qui provient du bien ; par apporter à Jéhovah une minchah en justice, il est entendu le culte du Seigneur d'après le bien de la charité : que le Temple signifie le Divin Humain du Seigneur, on le voit ci-dessus, N° 220; que l'alliance signifie la conjonction, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 665, 666, 1023, 1038, 1864 1996, 2003, 2021, 6804, 8767, 8778, 9396, 10632; voit aussi, que l'argent signifie le vrai d'après le bien, Nos 1551,1552. 2954, 5658 ; que la minchah signifie le bien de l'amour et de la charité, N°s 4581, 9992, 9993, 9994, 10079, 10137; que la justice se dit du bien, Nos 2235, 9857; de là apporter une minchah en justice signifie le culte d'après le bien de l'amour. Dans Zacharie : « Deux parties seront retranchées dans toute la terre, elles expireront; mais la troisième y sera laissée; cependant je ferai passer cette troisième partie par le feu, et je les affinerai comme on affine l'argent, et je les éprouverai comme on éprouve l'or. »—XIII. 8, 9;—par « toute la terre » il est entendu non pas toute la terre, mais toute l'Église; par la troisième partie, non par la troisième partie, mais quelques-uns de ceux qui sont dans l'Église; la faire passer par le feu, l'affiner comme on affine l'argent, et l'éprouver comme on éprouve l'or, signifie les purifier de faux et de maux, afin que le bien et le vrai soient implantés; que dans la Parole la terre soit l'Église, on le voit, Nos 662, 1066, 1068, 1262, 1413, 1607, 2928, 3355, 4447, 4535, 5577, 6516, 9325, 9643 ; que la troisième partie signifie quelques-uns, on le voit, N° 2788 ; dans les passages cités, ce sont des comparaisons de l'argent et de l'or avec le vrai et le bien, mais dans la Parole toutes les choses qui sont employées dans les comparaisons correspondent aussi et par suite signifient, voir Nos 3579, 8989. Comme l'or éprouvé au feu signifie le bien de l'amour purifié de maux, c'est pour cela qu'il avait été ordonné « que l'or et L'argent pris aux Midianites seraient passés par le feu et ainsi purifiés. » — Nomb. XXXI. 22, 23. — Que l'Or signifie le bien de l'amour et de la charité, on le voit encore mieux par les passages suivants ; dans Hosée : « Israël a abandonné le bien, l'ennemi le poursuit; de leur argent et de leur or ils se sont fait des idoles. » — VIII. 3,4; — de leur argent et de leur or ils se sont fait des idoles, signifie qu'ils ont changé le vrai et le bien en faux et en maux, ainsi qu'on le voit clairement en ce qu'il est dit, Israël a abandonné le bien, et l'ennemi le poursuit; l'ennemi est le faux d'après le mal, et le mal d'après le faux. Dans Joël : « Qu'avez-vous avec Moi, Tyr et Sidon? mon argent et mon or vous avez pris, et mes biens désirables vous avez emporté dans vos Temples; et les fils de Jehudah et les fils de Jérusalem, vous (les) avez vendus aux fils des Grecs, afin de les repousser loin de leurs frontières. » — IV. 4, 5, 6 ; — par Tyr et Sidon sont entendus ceux qui, au dedans de l'Église, sont dans les connaissances du vrai et du bien ; ici, ceux qui les ont perverties et les ont appliquées aux faux et aux maux du faux ; cela est signifié par « mon argent et mon or vous avez pris, et mes biens désirables vous avez emporté dans vos temples ; » l'argent signifie le vrai, l'or le bien, et les biens désirables signifient les vrais et les biens dérivés, qui sont les connaissances d'après le sens littéral de la Parole ; emporter dans leurs temples signifie changer en un culte profane ; par les fils de Jehudah et les fils de Jérusalem qu'ils ont vendus aux fils des Grecs, il est entendu que tous les vrais du bien ont été changés en faux du mal ; par les repousser loin de leurs frontières, il est entendu loin des vrais eux-mêmes : que par Tyr et Sidon il soit entendu ceux qui, au dedans de l'Église, sont dans les connaissances du vrai et du bien, on le voit, N° 1201 ; que par les fils de Jehudah et par les fils de Jérusalem il soit entendu tous les vrais du bien, c'est parce que par les fils sont signifiés les vrais, Nos 1729, 1733, 2159, 2623, 2803, 2813, 3373, 3704, 7499, 8897, 9807; par Jehudah, l'Église céleste, Nos  3654, 6364 ; et par Jérusalem, l'Église où il y a la doctrine réelle, N°s 3654, 9166; que par les fils des Grecs il soit entendu les faux, c'est parce que les Grecs signifient les nations qui sont dans les faux ; voir ci-dessus, N° 50. Dans Ézéchiel : « Les marchands de Schéba et de Raamah, par le principal de tout aromate, et par toute pierre précieuse et par l'or, ils ont fourni ton commerce. » — XXVII. 22 ; — et dans le Même : « Dans ta sagesse et dans ton intelligence tu t'étais fait des richesses, et tu avais amassé de l'or et de l'argent dans tes trésors : en Éden le jardin de Dieu tu as été; toute pierre précieuse était ta couverture, et aussi l'or. » — XXVIII. 4, 13; — dans ces deux passages il s'agit aussi de Tyr, par laquelle, comme il vient d'être dit, sont entendus ceux qui, au dedans de l'Église, sont dans les connaissances du vrai et du bien ; par son commerce il est entendu ces connaissances elles-mêmes ; par Schéba et Raamah aussi ceux qui sont dans ces connaissances, Nos 1171, 3240; par les aromates sont signifiés les vrais qui sont agréables parce qu'ils viennent du bien, Nos 4748, 5621, 9474, 9475, 10199, 10254; par les pierres précieuses, les vrais qui sont beaux parce qu'ils viennent du bien, Nos  9863, 9865, 9868, 9873, 9905 ; par le jardin d'Éden, l'intelligence et la sagesse qui en provient, Nos 100, 108, 1588, 2702, 3220; puis donc que par ces choses sont signifiées les connaissances du vrai et du bien, et par l'or et l'argent les biens mêmes et les vrais mêmes, et que par eux on acquiert toute intelligence et toute sagesse, c'est pour cela qu'il est dit, « dans ton intelligence et dans ta sagesse tu avais amassé de l'or et de l'argent dans tes trésors. » Dans les Lamentations : « Comment l'or est-il devenu obscur, l'or affiné excellent a-t-il été changé, les pierres de sainteté ont-elles été répandues à la tête de toutes les rues ? Les fils de Sion, estimés semblables à l'or pur, comment ont-ils été ré­putés comme des vases de terre, ouvrage des mains d'un potier. » — IV. 1, 2; — là, il s'agit de la vastation de l'Église; l'or qui est devenu obscur, et l'or affiné excellent qui a été changé, signifient les biens de l'Église; les pierres de sainteté, qui ont été répandues à la tête de toutes les rues, signifient que les vrais qui procèdent des biens ont été falsifiés ; les fils de Sion, qui étaient plus estimés que l'or pur, signifient les vrais de l'Église précédente; les vases de terre, ouvrage des mains d'un potier, signifient les maux de la vie d'après les faux de la doctrine qui procède de la propre intelligence. Dans Ézéchiel : « Je t'ornai d'ornements, et je mis des bracelets sur tes mains, et un collier sur ta gorge ; ainsi tu fus ornée d'or et d'argent, et tes vêtements (étaient) fin lin et soie et broderie; et tu as pris les joyaux de ta parure de mon or et de mon argent que je t'avais donnés, et tu t'en es fait des images avec lesquelles tu as commis scortation. » — XVI. 11, 13, 17, 18 ; — là, il s'agit de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église quant à la doctrine, comme ci-dessus; les ornements, dont elle fut ornée, signifient en général tous les vrais d'après le bien et par suite l'intelligence, Nos 10536,10540 ; les bracelets sur les mains signifient en particulier les vrais d'après le bien, Nos 3103, 3105 ; le collier sur la gorge signifie la conjonction des vrais et des biens intérieurs avec les extérieurs, ou des spirituels avec les naturels, N° 5320 ; le fin lin signifie le vrai réel, et la soie le même vrai-resplendissant d'après le bien intérieur, N°s 5319, 9469 ; la broderie signifie le scientifique qui appartient à l'homme naturel, N° 9688 ; les images, avec lesquelles elle avait commis scortation, sont les illusions des sens qui apparaissent comme des vrais à ceux qui sont dans les faux ; commettre scortation avec elles, c'est par ces illusions conclure des faux ; que commettre scortation signifie se remplir de faux, on le voit ci-dessus, N° 141 : d'après cela il est évident que, dans ce Chapitre, par ces choses l'Église est décrite telle qu'elle avait été lorsque d'abord elle fut instaurée par le Seigneur, et telle qu'elle est devenue dans la suite. Dans Ésaïe : « Voici, je vais exciter contre eux les Mèdes, qui de l'argent ne feront aucune estime, et de l'or ne se réjouiront point, dont les arcs briseront les jeunes gens; leur œil n'épargnera point les fils. » — XIII. 17, 18 ; — par les Mèdes sont entendus ceux qui sont contre les vrais et les biens de l'Église ; aussi est-il dit à leur sujet que de l'argent ils ne feront aucune estime, et de l'or ne se réjouiront point ; l'argent est le vrai de l'Église, et l'or en est le bien; leurs arcs signifient les doctrinaux du faux qui combat contre les vrais et les biens, Nos 2686, 2709 ; les jeunes gens qu'ils briseront signifient les intelligents d'après les vrais, N° 7668 ; les fils qu'ils n'épargneront point signifient les vrais eux-mêmes. Dans le Même : « Une foule de chameaux le couvrira, tous ceux de Schéba viendront, or et encens ils porteront, et les louanges de Jéhovah ils annonceront. A Moi les îles se confieront, et les navires de Tharschish, pour amener tes fils de loin; leur argent et leur or avec eux. » — LX. 6,9; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et par une foule de chameaux sont entendus tous ceux qui sont dans les connaissances du vrai et du bien, Nos  3048, 3071, 3143, 3145 ; par Schéba, d'où ils viendront, il est entendu où sont ces connaissances elles-mêmes, N°s 1171, 3240; par l'or et l'encens, qu'ils porteront, sont entendus les biens et les vrais d'après le bien, qui par suite sont agréables; par l'or les biens, et par l'encens ces vrais, Nos 9993,10177, 10296; par les îles, qui se confieront, sont entendues les nations qui sont dans un culte Divin mais plus éloigné des vrais de l'Église, N° 1158 ; par les navires de Tharschish sont entendues les connaissances communes du vrai et du bien, dans lesquelles il y en a plusieurs dans le particulier, Nos 1977, 6385 ; par les fils qu'ils amèneront de loin sont entendus les vrais plus éloignés; les fils sont les vrais, comme ci-dessus, et de loin signifie ceux qui sont plus éloignés, Nos 1613, 9487; par leur argent et leur or avec eux, sont signifiées les connaissances du vrai et du bien chez eux. Même chose est signifiée par cela que « les sages, qui vinrent de l'Orient au lieu où le Christ naquit, offrirent des présents, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » — Matth. II. 11 ; — ils offrirent ces choses, parce qu'elles signifiaient les biens et les vrais intérieurs et extérieurs, qui sont des présents agréables à Dieu. Dans David : « Devant Lui se prosterneront tous les Rois, et toutes les Nations Le serviront. Les âmes des pauvres il sauvera, et ils vivront, et il leur donnera de l'or de Schéba. » — Ps. LXXII. 11, 13, 15; — là aussi, il s'agit de l'avènement du Seigneur; par les rois qui se prosterneront devant Lui, et par les nations qui Le serviront, sont entendus tous ceux qui sont dans les Vrais d'après le Bien ; que les rois signifient ceux qui sont dans les vrais, on le voit ci-dessus, N° 31, et les nations, ceux qui sont dans les biens, N° 175 ; par les pauvres qu'il sauvera, sont entendus ceux qui ne sont pas dans les connaissances du vrai et du bien, mais cependant les désirent, voir aussi ci-dessus, N° 238 ; par l'or de Schéba, qu'il leur donnera, est entendu le bien de l'amour, dans lequel le Seigneur les conduira par les connaissances; voir aussi ci-dessus ce que c'est que Schéba. Dans Aggée : « J'exciterai toutes les nations, afin que vienne l'élite de toutes les nations, et que je remplisse cette Maison de gloire : à Moi l'argent et l'or; grande sera la gloire de cette Maison postérieure plus que (celle) de l'antérieure. » — II. 7, 8, 9 ; — ce passage concerne aussi l'avènement du Seigneur; par les nations sont entendus ceux qui sont dans le bien et par suite dans les vrais; par la Maison est entendue l'Église, N° 3720 ; par la gloire, dont elle sera remplie, est entendu le Divin Vrai, Nos 4809, 5922, 8267, 8427, 9429 ; par l'argent et l'or qui sont à Moi, sont entendus le vrai et le bien qui viennent du Seigneur seul. Dans Zacharie : « Les richesses de toutes les nations d'alentour seront rassemblées, or, argent et vêtements en grande abondance. » — XIV, 14 ; — par les richesses de toutes les nations, sont entendues les connaissances en quelque lieu qu'elles soient, même chez les méchants; par l'or, l'argent et les vêtements en grande abondance, sont entendus les biens et les vrais spirituels et naturels : la même chose a été signifiée par l'Or, l'Argent et les Vêtements que les fils d'Israël empruntèrent aux Égyptiens, quand ils se séparèrent d'avec eux, — Exod. III. 22. XI. 2, 3. XII. 33, 36;-pourquoi cela a été fait ainsi, et ce que cela enveloppe, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 6914, 6917, à savoir, pour qu'il fût représenté qu'on enlèverait aux méchants ce qu'ils ont, et qu'on le donnerait aux bons, selon les paroles du Seigneur dans Matthieu, XXV. 28, 29; et dans Luc, XIX. 24, 26 ; et qu'on se ferait des amis d'après l'injuste Mammon, selon les paroles du Seigneur dans Luc, XVI. 9 ; par l'injuste Mammon sont entendues les connaissances du vrai et du bien chez ceux qui ne les possèdent pas justement, c'est-à-dire, qui ne les appliquent pas à la vie. Dans David : « Des filles de rois (sont) parmi tes précieuses, la Reine se tient à ta droite dans l'or excellent d'Ophir. Toute glorieuse la fille de Roi en dedans, de tissu d'or est son vêtement. » — Ps. XLV. 10, 14 ; — là, il s'agit du Seigneur, et par la fille de Roi est entendue l'Église, qui est dans l'affection du vrai ; elle est décrite en ce que des filles de rois sont parmi ses précieuses, par lesquelles sont entendues les affections mêmes du vrai ; par la Reine, qui se tient à sa droite dans l'or excellent d'Ophir, est entendu le Royaume céleste du Seigneur, qui consiste dans le bien de l'amour; par de tissu d'or est son vêtement, il est entendu que les vrais proviennent du bien. Dans Matthieu : « Jésus dit aux disciples, qu'il envoya pour évangéliser, de ne se procurer ni or, ni argent, ni cuivre pour leurs ceintures. » — X. 9 ; — par là il a été représenté qu'ils n'auraient par eux-mêmes rien du bien ni du vrai, mais que ce serait pas le Seigneur seul, et que toutes choses seraient données gratuitement. Comme l'Or signifiait le bien de l'amour, c'est pour cela que « La Table sur laquelle étaient placés les Pains des faces avait été couverte d'or, » — Exod. XXV. 23, 24 ; — de même l'Autel des parfums, qui d'après cela était nommé l'Autel d'or,—Exod. XXX. 3;—c'est aussi pour cela que le Chandelier fut fait d'or pur, — Exod. XXV. 31, 38; - et que les Chérubins étaient d'or, — Exod. XXV. 18; — et que l'Arche avait été couverte d'or en dedans et en dehors,— Exod. XXV. 11 ; — de même plusieurs autres objets dans le Temple de Jérusalem : en effet, la Tente où était l'Arche, les Chérubins, la Table sur laquelle étaient les pains des faces, l'Autel des parfums, et le Chandelier, représentaient le Ciel ; le Temple le représentait pareillement, et par suite l'Or y signifiait le bien de l'amour, et l'Argent le vrai d'après le bien. Comme ce qu'il y a de plus saint dans le Ciel était représenté par l'Or dans le Temple, c'est pour cela que, « lorsque Beltschassar buvait du vin dans les vases d'or tirés de ce Temple, et louait en même temps les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, il apparut écrit sur la muraille : Compté, Pesé, Divisé, et que dans cette nuit-là il fut tué. »—Daniel, V. 2, et suiv.; — car par là était signifiée la profanation du bien. En outre, dans le sens opposé, l'Or dans la Parole signifie le mal de l'amour de soi, et l'Argent le faux qui provient de ce mal, comme dans Moïse : « L'Argent et l'Or des nations ils ne convoiteront point, parce que ce sont des abominations; et ils ne les introduiront point dans leur maison, mais elles seront anathèmes, parce qu'elles doivent être en abomination et détestées, » —Deutér. VII 25, 26; — mais plus loin il sera parlé de cette signification de l'Or et de l'Argent.



Mise à jour | Exposition Sommaire
AE|CB | DC | AC | DA | AC | DP | AR | EC | DF | DV | DS | LVRC | C E | CAC | IAR | EXSP |