| Apocalypse Expliquée 209. Parce que tu as un peu de puissance, et as observé ma parole, et n'as point nié mon Nom, signifie que par le Seigneur ils ont de la puissance contre les maux et les faux, en tant qu'ils appliquent à la vie les vrais d'après la Parole, et reconnaissent le Divin du Seigneur dans son Humain : on le voit par la signification d'avoir de la puissance, en ce que c'est par le Seigneur la puissance contre les maux et les faux ; et parce qu'il s'agit de ceux qui sont dans la foi d'après la charité, il est dit qu'ils ont un peu de puissance, ainsi qu'il va être expliqué ; et par la signification d'observer ma parole, en ce que c'est appliquer à la vie les vrais d'après la Parole, car observer les vrais ou les préceptes signifie non-seulement les savoir et les apercevoir, mais encore les vouloir et les faire, ou les garder, et ceux qui veulent et font, ceux-là font aussi choses de leur vie les vrais qu'ils savent et aperçoivent d'après la Parole, voir aussi N° 15; et par la signification de ne pas nier mon Nom, en ce que c'est reconnaître le Divin du Seigneur dans son Humain, comme ci-dessus, N° 135. Il faut qu'on sache qu'il y a deux choses Principales pour l'Église, à savoir, reconnaître le Divin du Seigneur dans son Humain, et faire choses de sa vie les vrais d'après la Parole ; personne aussi ne peut être dans l'une, à moins qu'il ne soit en même temps dans l'autre, car tous les vrais qui deviennent choses de la vie sont d'après le Seigneur, et cela, chez ceux qui reconnaissent le Divin du Seigneur dans son Humain ; le Seigneur, en effet, influe chez tous tant dans les cieux que dans les terres d'après son Divin Humain, et non d'après le Divin séparé d'avec l'Humain, ni d'après l'Humain séparé d'avec le Divin ; c'est pour cela que ceux qui, dans leur pensée, séparent le Divin du Seigneur d'avec son Humain, et considèrent le Divin du Père non dans l'Humain, mais près de l'Humain ou au-dessus de l'Humain, et par conséquent séparé, ne reçoivent aucun influx du Seigneur, ni du Ciel; car tous ceux qui sont dans les Cieux reconnaissent le Divin Humain du Seigneur; voir aussi sur ce sujet le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 2 à 6, 7 à 12, 59 à 67, 68 à 72, 78 à 86 et suiv., 212 ; d'après ces explications, il est évident que tous les vrais qui deviennent choses de la vie sont d'après le Seigneur chez ceux qui reconnaissent le Divin dans son Humain, c'est-à-dire, le Divin Humain : les Vrais deviennent choses de la vie, quand l'homme les aime, ainsi quand il les veut et les fait, car celui qui aime, celui-là veut et fait ; en un mot, ils deviennent choses de la vie, quand l'homme par affection vit selon eux ; si ces vrais sont d'après le Seigneur, c'est parce que le Seigneur influe dans l'amour chez l'homme, et par l'amour dans les vrais, et ainsi les fait choses de la vie. Maintenant il sera dit quelques mots de la puissance qu'ils ont par le Seigneur contre les maux et les faux : C'est du Seigneur que vient toute la puissance que possèdent les Anges, et aussi toute celle que possèdent les hommes; et autant ils reçoivent le Seigneur, autant ils ont de puissance ; celui qui croit que c'est du propre de l'homme que vient la puissance contre les maux et les faux, est dans une grande erreur; en effet, ce sont des mauvais esprits, conjoints aux enfers, qui introduisent chez l'homme les maux et par suite les faux, et ces esprits sont en grand nombre, et chacun d'eux a été conjoint à plusieurs enfers, dans chacun desquels il existe aussi un grand nombre de démons ; il n'y a que le Seigneur seul qui puisse les détourner de l'homme, car le Seigneur seul a le pouvoir sur les enfers, et l'homme de lui-même ou de son propre n'en a absolument aucun ; autant donc l'homme a été conjoint au Seigneur par l'amour, autant il a de puissance : il y a deux amours qui régnent dans les cieux et qui font les cieux, à savoir, l'amour envers le Seigneur et l'amour à l'égard du prochain; l'amour envers le Seigneur est appelé amour céleste, et l'amour à l'égard du prochain est appelé amour spirituel ; ceux qui sont dans l'amour céleste ont beaucoup de puissance, et ceux qui sont dans l'amour spirituel ont un peu de puissance ; et comme dans ce qui est écrit à l'Ange de cette Église, il s'agit de ceux qui sont dans l'amour à l'égard du prochain, ou dans la charité et par suite dans la foi, amour qui est l'amour spirituel, c'est pour cela qu'il est dit, tu as un peu de puissance : mais il faut qu'on sache que toute la puissance, qui est aux Anges et aux hommes parle Seigneur, vient du bien de l'amour, et comme le bien de l'amour agit non de soi-même, mais par les vrais, il en résulte que toute la puissance est au bien de l'amour par les vrais, et chez les spirituels d'après le bien de la charité, par les vrais de la foi ; en effet, le bien se revêt d’une qualité par les vrais, car le bien sans les vrais n'a pas de qualité ; et, où il n'y a pas de qualité, il n'y a pas de force ou de puissance ; de là, on voit clairement que toute la puissance est au bien par les vrais, ou à la charité par la foi, et qu'il n'y a aucune puissance dans la charité sans la foi, ni aucune dans la foi sans la charité : c'est aussi ce qui est entendu par les clefs données à Pierre; car là, dans le sens spirituel, par Pierre il est entendu le vrai d'après le bien qui procède du Seigneur, ainsi la Foi d'après la Charité, et par les clefs qui lui ont été données, la puissance sur les maux et sur les faux ; cela a été dit à Pierre, quand celui-ci reconnut le Divin du Seigneur dans son Humain, ce qui signifie aussi que la puissance est à ceux qui reconnaissent le Divin du Seigneur dans son Humain, et qui sont par Lui dans le bien de la charité et par suite dans les vrais de la foi ; que cela ait été dit alors à Pierre, on le voit par ce passage, dans Matthieu : « Jésus dit aux disciples : Vous, qui dites-vous que je suis ? Simon-Pierre, répondant, dit : Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Alors Jésus, répondant, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jona, car ni chair ni sang ne t'a révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et Moi aussi je te dis, que toi, tu es pierre (rocher), et sur ce rocher je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle; et je te donnerai les clefs du Royaume des cieux. »—XVI. 15, 16,17,18,19;—mais, au sujet de Pierre et de ses clefs, voir ce qui a été dit ci-dessus, N° 9, et ce qui a été montré dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, N° 57; et, dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 122; que toute la puissance soit au vrai d'après le bien qui procède du Seigneur, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 228 à 233, 539 ; et, dans les ARCANES CELESTES, N°s 3091, 3387, 3563, 4592, 4933, 6344, 6423, 7518, 7673, 8281, 8304, 9133, 9327, 9410, 10019, 10182.
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