| Apocalypse Expliquée 146. A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de la manne cachée, signifie pour ceux qui sont vainqueurs dans les tentations le plaisir de l'amour céleste d'après le Divin Humain du Seigneur : on le voit par la signification de celui qui vaincra, en ce que ce sont ceux qui sont vainqueurs dans les tentations, car dans ce qui est écrit à l'Ange de cette Église il s'agit de ceux qui sont dans les tentations, voir ci dessus, N° 130 ; par la signification de donner à manger, en ce que c'est être approprié et conjoint par l'amour et la charité, Nos 2187, 2343, 3168, 3513, 5643, et comme cela est dit de la manne cachée par laquelle est entendu le Seigneur quant au Divin Humain, en manger signifie ici le plaisir de l'amour céleste, car ce plaisir est approprié par le Divin Humain du Seigneur à ceux qui Le reçoivent Lui-Même par l'amour et la foi ; et par la signification de la manne cachée, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Humain ; que ce soit là la Manne, on le voit par les paroles du Seigneur Lui-Même, dans Jean : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu'il est écrit : Du Pain du Ciel il leur a donné à manger. Le Pain de Dieu est Celui qui descend du Ciel et donne la vie au monde : Moi, je suis le Pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ; c'est ici le Pain qui du Ciel descend, afin que celui qui en mange ne meure point. Moi, je suis le Pain Vivant qui du Ciel suis descendu ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le Pain que je donnerai, c'est ma Chair. » — VI. 31 à 58 ; — que ce soit le Seigneur Lui-Même qui est entendu par la Manne et par le Pain, c'est ce qu'il enseigne Lui-Même ouvertement, car il dit : Moi, je suis le Pain Vivant qui du Ciel suis descendu ; que ce soit le Seigneur quant au Divin Humain, il l'enseigne aussi en disant : Le Pain que je donnerai, c'est ma Chair. Le Seigneur enseigne la même chose, lorsqu'il institue la Sainte-Cène : « Jésus, prenant le pain, et bénissant le rompit, et le donna aux disciples, et il dit : Prenez, mangez, ceci est mon. Corps. » — Matth., XXVI. 26. Marc, XIV. 22. Luc, XXII. 19; —manger de ce pain, c'est être conjoint au Seigneur par l'amour, car manger signifie s'approprier et être conjoint, comme ci-dessus, et l'amour est la conjonction spirituelle. La même chose est signifiée par manger dans le Royaume de Dieur dans Luc : « Heureux celui qui mange du pain dans le Royaume de Dieu. » — XIV. 15 : — dans le Même : « Afin que vous mangiez et buviez à ma table dans le Royaume de Dieu. » — XXII. 30 : — dans Matthieu : « Plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, et s'assiéront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume de Dieu. » — VIII. 11 ; — que par Abraham, Isaac et Jacob, il soit entendu le Seigneur, on le voit, Nos 1893, 4615, 6098, 6185, 6276, 6804, 6847 : et dans Jean : « Travaillez non pas à la nourriture qui périt, mais à la nourriture qui demeure, laquelle le fils de l'homme vous donnera. » — VI. 27 ; — que le Fils de l'homme soit le Seigneur quant au Divin Humain, on le voit ci-dessus, N° 63. S'il est dit « Manne cachée, » c'est parce que le plaisir de l'amour céleste, que reçoivent ceux qui ont été conjoints au Seigneur par l'amour, est entièrement inconnu à ceux qui sont dans un amour non-céleste ; et personne ne peut recevoir ce plaisir, sinon celui qui reconnaît le Divin Humain du Seigneur, car c'est de ce Divin que ce plaisir procède. Comme ce plaisir était inconnu aux fils d'Israël dans le désert, ils nommaient en conséquence cela Man, ainsi qu'on le voit dans Moïse : « Jéhovah dit à Moïse : Voici, Moi je vais faire pleuvoir pour vous du pain du ciel même; et le matin il y eut une couche de rosée autour du camp; et lorsque se fut élevée cette couche de rosée, voici sur la surface du désert du menu rond, ce que les fils d'Israël ayant vu, ils disaient. : man, cela ? (qu'est-ce que cela ?) Moïse leur dit : Ceci, le pain que vous a donné Jéhovah à manger: et la maison d'Israël appela cela du nom de man. » — Exod., XVI. 4, 13 à 36. — Et dans le Même : « Jéhovah t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais point, et que ne connurent point tes pères, afin de t'apprendre que non pas du pain seulement vit l'homme ; mais de tout ce qui sort de la bouche de Jéhovah vit l'homme. »— Deutér., VIII. 3. —Si ce plaisir, qui est entendu par la Manne, a été inconnu aux fils d'Israël, c'est parce qu'ils étaient, plus que les autres nations, dans le plaisir corporel, et que ceux qui sont dans ce plaisir ne peuvent absolument rien savoir du plaisir céleste ; que les fils d'Israël aient été tels, on le voit dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 248. Il est dit le plaisir, et il est entendu le plaisir de l'amour, car tout plaisir de la vie appartient à l'amour. Comme c'est le plaisir de l'amour céleste qui est signifié par manger de la Manne cachée, c'est pour cela qu'elle est appelée Pain des deux dans David : « Jéhovah commanda aux éthers d'en-haut, et les portes des cieux il ouvrit ; et il fit pleuvoir sur eux de la Manne pour nourriture, et du froment des cieux il leur donna. » — Ps. , LXXVIII. 23. 24 : — et ailleurs : « Jéhovah de pain des cieux les rassasia. » — Ps. , CV. 40; — elle est appelée pain des cieux, parce qu'elle tombait du ciel avec la rosée; mais dans le sens spirituel elle est appelée pain des cieux, parce qu'elle découlait du Seigneur par le Ciel Angélique, dans ce sens il n'est pas entendu d'autre Ciel, ni d'autre pain que celui qui nourrit l'âme de l'homme ; que ce pain doive être entendu dans ce sens, on le voit d'après les paroles mêmes du Seigneur, dans Jean : « Il est Lui-Même la Manne ou le Pain qui du Ciel est descendu. » — VI. 31 à 58 ; — et dans Moïse : « Jéhovah les a nourris de la manne, afin de leur apprendre que non pas du pain seulement vit l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Jéhovah. » -Deutér., VIII. 3 ; — la parole qui sort de la bouche de Jéhovah est tout ce qui procède du Seigneur, et c'est en particulier le Divin Vrai uni au Divin Bien; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 13, 133, 139, 140, 284 à 290. Ce plaisir aussi est décrit par des correspondances dans Moïse : « Cela était, comme de la semence de coriandre, blanc, et sa saveur, comme un gâteau avec du miel. » — Exod., XVI. 31 ; — et ailleurs dans le Même : « Ils en firent des gâteaux, et sa saveur était comme celle du suc de l'huile. » — Nomb., XI. 7, 8. — Si telle était la Manne quant à la vue et à la saveur, c'était parce que la semence de coriandre, qui est blanche, signifie le vrai d'origine céleste ; le gâteau, le bien de l'amour céleste; le miel, le plaisir externe de ce bien ; l'huile, cet amour même, et le suc de l'huile d'où provient la saveur, le plaisir interne de ce bien ; la pluie, avec la rosée dans laquelle était la manne, signifie l'influx du Divin Vrai dans lequel est ce plaisir. Que la semence signifie le vrai d'origine céleste, on le voit, Nos 3038, 3373, 10248, 10249; puis aussi, que la blancheur se dit de ce vrai, Nos 3301, 3993, 4007, 5319 ; que le gâteau signifie le bien de l'amour céleste, Nos 7978, 9992, 9993 ; que l'huile signifie cet amour même, N°s 886, 3728, 9780, 9954, 10261, 10269 ; de là le suc de l'huile signifie le plaisir de cet amour, parce que la saveur en provient, et que la saveur est le plaisir et le charme, Nos 3502, 4791 à 4805 ; mais, sur ce sujet, voir un grand nombre de détails dans l'Explication du Chapitre XVI de l'Exode, dans les ARCANES CELESTES. Si le plaisir de l'amour céleste est signifié par manger de la manne cachée, lorsque cependant la manne cachée signifie le Seigneur quant au Divin Humain, c'est parce que, soit que l'on dise le Divin Humain du Seigneur, ou que l'on dise le Divin Amour, c'est la même chose, car le Seigneur est Lui-Même le Divin Amour, et ce qui procède de Lui est le Divin Bien uni au Divin Vrai, qui tous deux appartiennent à l'Amour, et sont aussi le Seigneur dans le Ciel ; de là manger de ce qui procède du Seigneur, c'est être conjoint au Seigneur, et cela par l'amour qui procède de Lui. Mais ce sujet peut être mieux saisi d'après ce qui a été dit et expliqué dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 13 à 10, 116 à 125, 126 à 140 ; et aussi dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 210 à 222, 307 ; voir ces Traités
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