| Apocalypse Expliquée 1158. 1158. Et les fruits du désir de ton âme s'en sont allés loin de toi, signifie que les allégresses et les joies, qui étaient attendues d'après le culte et la vie selon les traditions de la religion Babylonienne, ont été changées en pleurs et en deuil: on le voit par la signification des fruits du désir de l'âme, en ce que ce sont les allégresses et les joies, qui étaient attendues d'après le culte et la vie selon le traditions de la religion Babylonienne; ces paroles ont cette signification, parce que les choses qui sont énumérées, Vers. 12 et 13, signifient toutes les choses de la doctrine et du culte de cette religiosité, d'après lesquelles ceux qui croient à la vie après la mort attendent pour eux des allégresses et, des joies; ce sont donc là les fruits du désir de leur âme; et par la signification de s'en sont allés loin de toi, en ce que c'est qu'elles ont été dissipées, et aussi, qu'elles ont été changées cri pleurs et en deuil, parce qu'elles l'ont été en tourments de l'enfer. Ces allégresses et ces joies, qu'ils attendent, sont seulement externes, ainsi corporelles et mondaines, car ils ne savent pas ce que c'est que les allégresses et les joies internes, parce qu'ils ne sont clans aucun vrai d'après la Parole, par conséquent dans aucun vrai d'après le Seigneur, mais d'après celui qui s'en dit le Vicaire, par lequel il ne peut être produit que des faux et non des vrais, et cela, parce qu'il a pour lin la domination; c'est pourquoi, pour que le peuple soit tenu sous le joug de sa domination, il enseigne des choses qui font plaisir au corps parce qu'elles tiennent à l'amour de soi et du monde. — Continuation : Une septième Loi de la Divine Providence est, Que l'homme ne soit pas introduit dans les vrais de la foi ni dans les biens de l'amour qui procèdent du Seigneur, si ce n'est qu'autant qu'il peut y être retenu jusqu'à la fin de sa vie; car il vaut mieux que l'homme soit constamment méchant, que bon et ensuite méchant, parce que dans ce dernier cas il devient un profane : de là aussi vient la permission du mal. Le Seigneur peut à chaque homme, qui jouit d'une raison saine, donner l'affection du vrai et par suite la foi, et l'affection du bien et par suite l'amour ; il le peut en le détournant des amours mauvais qui appartiennent à son propre; car autant l'homme en est détourné, autant il est dans l'entendement du vrai et dans la volonté du bien; j'ai vu des diables mêmes amenés dans cet état; et pendant qu'ils y furent, ils prononcèrent ' des vrais d'après l'entendement et la foi, et ils firent des biens d'après la volonté et l'amour; ils avaient été amenés dans cet état, parce qu'ils avaient nié qu'ils pussent comprendre les vrais et faire les biens : mais dès qu'ils eurent cessé d'être détournés de leurs propres amours, et qu'ils furent revenus dans les cupidités de leurs amours, au lieu de la foi du vrai ils avaient la foi du faux, et au lieu de l'amour du bien l'amour du mal : cela a été prouvé souvent, et en présence de plusieurs. Par là on a vu clairement que chacun peut être réformé, et que, être réformé n'est pas autre chose qu'être détourné des amours mauvais : mais comment l'homme peut en être détourné, c'est ce qui a été dit ci-dessus. Si cela n'est pas effectué par le Seigneur, c'est parce que tous ceux qui viennent dans l'affection du vrai et par suite dans la foi, et dans l'affection du bien et par suite dans l'amour, et qui ne restent pas constamment dans ces affections jusqu'à la fin de la vie, mais retombent dans les amours dont ils ont été détournés, profanent les choses saintes. Il y a plusieurs genres de profanation, mais ce genre est le plus grave de tous; car le sort de ces profanateurs, après la mort, est terrible; ils ne sont pas dans l'Enfer, mais ils sont sous l'Enfer; et là ils ne pensent ni ne veulent, mais ils voient et font; ils voient des choses qui n'existent pas, et ne voient pas celles qui existent, et ils font comme s'ils faisaient tout, et cependant ils ne font rien ; ce sont seulement des délires de fantaisie : et comme ils ne pensent ni ne veulent, ce ne sont plus des hommes ; car l'humain, c'est penser et vouloir; par conséquent, en parlant d'eux, on ne dit pas ceux-là ou celles-là; mais on dit, au genre neutre, ces choses ou cela : quand ils sont vus dans quelque lumière du Ciel, ils apparaissent comme des squelettes couverts d'une peau noirâtre : tels deviennent ceux qui ont été une fois réformés et ne persistent point. La cause de leur sort si horrible sera aussi présentée : Par la Réformation ils ont une communication avec le Ciel; de là influent les biens et les vrais par lesquels sont ouverts les intérieurs de leur mental, et les maux sont éloignés sur le côté; s'ils persistent dans cet état jusqu'à la mort, ils sont heureux ; mais s'ils ne persistent pas, ils deviennent malheureux, car alors les maux qui ont été éloignés refluent et se mêlent avec les vrais et les biens; par conséquent chez eux l'Enfer et le Ciel sont mêlés, au point de ne pouvoir pas être séparés, car tout ce qui a été une fois imprimé par amour dans le mental de l'homme ne peut être extirpé; c'est pourquoi, après la mort, comme les biens ne peuvent être séparés d'avec les maux, ni les vrais d'avec les faux, tout le mental est détruit; de là ils n'ont plus ni pensée ni volonté; ce qui reste est comme une coquille dont l'amende a été ôtée, ou comme la peau et les os sans la chair, car c'est là ce qui leur reste de l'homme. Qu'on sache donc qu'il n'y a pas péril à passer du mal au bien, mais qu'il y a péril à passer du bien au mal.
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