| Apocalypse Expliquée 102. Pour mon Nom tu as travaillé, signifie la reconnaissance du Seigneur et des connaissances du vrai qui Le concernent : on le voit par la signification du Nom de Jéhovah ou du Seigneur, en ce que, dans le sens suprême, c'est son Divin Humain, Nos 2628, 6887; et, dans le sens respectif, toutes les choses de l'amour et de la foi par lesquelles le Seigneur est adoré, parce qu'elles sont les Divins qui procèdent de son Divin Humain, N°s 2724, 3006, 6674, 9310 ; et par la signification de travailler, en ce que c'est mettre toute son application à savoir et à reconnaître ces choses ; car c'est là ce que signifie travailler, quand ce mot se dit de ceux qui s'appliquent à l'étude des connaissances du vrai et du bien : il résulte de ces explications que ces mots, « pour mon Nom tu as travaillé, » signifient la reconnaissance du Seigneur et des connaissances du vrai qui Le concernent ; les connaissances qui Le concernent sont toutes les choses qui appartiennent à l'amour et à la
foi. En beaucoup d'endroits de la Parole il est dit, pour le Nom de Jéhovah, pour le Nom du Seigneur, pour le Nom de Jésus-Christ, que le Nom de Dieu doit être sanctifié, et autres choses semblables; ceux qui ne pensent point au-delà du sens de la lettre croient que le Nom seul est entendu ; mais ce n'est pas le Nom qui est entendu, c'est tout ce par quoi le Seigneur est adoré, tout ce qui se réfère à l'amour et à la foi : de là par le Nom du Seigneur dans la Parole, il est entendu toutes les choses de l'amour et de la foi, par lesquelles il est adoré; mais ici c'est la reconnaissance du Seigneur et des connaissances du vrai qui Le concernent, parce que cela est dit à ceux qui s'appliquent seulement aux connaissances. Que par le Nom de Jéhovah ou du Seigneur il soit entendu non pas le Nom lui-même, mais toutes les choses de l'amour et de la foi, cela tire son origine du monde spirituel ; là, les noms qu'on emploie sur terre ne sont pas énoncés, mais les noms des personnes dont on parle sont formés de l'idée de toutes les choses que l'on sait sur elles, lesquelles choses sont enchâssées dans un seul mot ; telle est renonciation des noms dans le Monde spirituel ; de là vient que les noms aussi, comme tout le reste, y sont spirituels : le Nom Seigneur et le Nom Jésus-Christ n'y sont pas énoncés comme sur terre; mais, au lieu de ces Noms, le Nom est formé de l'idée de toutes les choses que l'on sait et que l'on croit touchant le Seigneur, idée qui se compose de toutes les choses de l'amour et de la foi envers Lui; et cela, parce que ces choses, dans le complexe, sont le Seigneur chez ceux du monde spirituel ; car le Seigneur est chez chacun dans les biens de l'amour et de la foi qui procèdent de Lui. Puisqu'il en est ainsi, chacun y est sur le champ connu tel qu'il est quant à l'amour et à la foi envers le Seigneur, pourvu que par un mot spirituel ou par un Nom spirituel il désigne le Seigneur ou Jésus-Christ : et c'est aussi de là que ceux qui ne sont dans aucun amour ou dans aucune foi envers Lui ne peuvent Le nommer, c'est-à-dire, former aucun Nom spirituel pour Le désigner : d'après cela, on voit maintenant d'où vient que par le Nom de Jéhovah, du Seigneur ou de Jésus-Christ, dans la Parole, il est entendu non pas le Nom, mais le tout de l'amour et de la foi par quoi il est adoré. Afin donc que ne prévale pas l'opinion, qui règne chez plusieurs personnes, que le Nom seul de Jésus-Christ sans l'amour ni la foi envers Lui, ainsi sans les connaissances par lesquelles on a l'amour et la foi, fait quelque chose pour le salut, je vais rapporter quelques passages de la Parole, où il est dit, « à cause de Mon Nom, » et « en Mon Nom,» passages d'après lesquels ceux qui pensent plus profondément peuvent voir qu'il n'est pas entendu le Nom seul; par exemple : « Jésus dit : Vous serez haïs de tous à cause de mon Nom. » — Matth. X. 22. XXIV. 9. 10. — « Où sont deux ou trois, assemblés en mon Nom, là je suis au milieu d'eux. » — Matth. XVIII. 20. — « A tous ceux qui L'ont reçu, il leur a donné pouvoir de devenir des enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom. » -Jean, I. 12. — « Pendant que Jésus-Christ était à Jérusalem, plusieurs crurent en son Nom. »— Jean, II. 23. - « Celui qui ne croit pas a déjà été jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom de l'Unique-Engendré Fils de Dieu. » -Jean, III. 17,18. — « Ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son Nom. » — Jean, XX. 31. — « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur. » — Matth. XXI. 9. XXIII. 39. Luc, XIII. 35. XIX. 38. — « Quiconque aura quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou épouse, ou enfants, ou champs, à cause de mon Nom, recevra le centuple et la vie éternelle. » Matth. XIX. 29. — Ce qui est signifié ici par maisons, frères, sœurs, père, mère, épouse, enfants et champs, qu'on doit abandonner à cause du Nom du Seigneur, on le voit dans les Arcanes Célestes, N° 10490. « Jésus dit : Tout ce que vous demanderez en mon Nom, je le ferai. » — Jean, XIV. 13, 14; — demander en mon Nom, c'est d'après l'amour et la foi. « Plusieurs viendront en mon Nom, disant : Moi, je (le) suis; n'allez donc pas après eux. » — Luc, XXI, 8. Marc, XIII. 6; — venir en son Nom et dire,« Moi, je le suis, » c'est prêcher des faux et dire que ce sont des vrais, et par conséquent séduire. La même chose est signifiée par dire qu'on est le Christ, et cependant ne pas l'être, dans Matthieu : « Plusieurs viendront en mon Nom, en disant : Moi je suis le Christ, et ils en séduiront plusieurs. » — XXIV. 5, 23 à 27 ; — car par Jésus il est entendu le Seigneur quant au Divin Bien, par Christ le Seigneur quant au Divin Vrai, N°s 3004, 3005, 3009, 5502, et par le Christ non véritable ce qui est non Divin mais faux. Par le Nom de Jéhovah, dans l'Ancien Testament, il est entendu la même chose que par le Nom du Seigneur, parce que Jéhovah y est le Seigneur, comme dans Esaïe : « Vous direz en ce jour-là : Confessez Jéhovah, invoquez son Nom. » — XII. 4. — Dans le Même : « Jéhovah! Nous T'avons attendu; vers ton Nom et vers ta mémoire (est) le désir de notre âme. Par Toi nous nous rappellerons ton Nom. » — XXVI. 8, 13. - Dans le Même : « Depuis le lever du soleil sera invoqué mon Nom. »—XLI. 25. — Dans Malachie : « Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, grand (sera) mon Nom parmi les nations, et en tout lieu le parfum (sera) offert à mon Nom ; car grand (sera) mon Nom parmi les nations. »— I. 11. —Dans Ésaïe : « Quiconque est appelé de mon Nom, pour ma gloire je l'ai créé, je l'ai formé. » — XLIII. 7. — Dans Michée : « Tous les peuples marchent, chacun au Nom de son Dieu; et nous, nous marcherons au Nom de Jéhovah notre Dieu. » —IV. 5. —Dans Moïse : « Tu ne porteras point le Nom de ton Dieu en vain; Jéhovah ne tiendra point pour innocent celui qui aura porté son Nom en vain. » — Deutér., V. 11. — Dans le Même : « Jéhovah sépara les Lévites, afin qu'ils servissent et bénissent au Nom de Jéhovah. » — Deutér., X. 8. — Dans le Même : « On adorera Jéhovah dans un seul lieu, où il mettra son Nom. » — Deutér., XII. 5, 11, 13, 14, 18, 26. XVI. 2, 6, 11, 15, 16; — où il mettra son Nom, c'est où il y aura un culte d'après le bien de l'amour et les vrais de la foi ; cela a été fait à Jérusalem, et c'est pour cela que Jérusalem signifie l'Église quant à la doctrine et au culte; voir dans l'Opuscule DE LA NOUVELLE JERUSALEM ET DE SA DOCTRINE, N° 6. Puisque le Nom de Jéhovah ou du Seigneur signifie, dans le sens spirituel, tout culte d'après le bien de l’amour et les vrais de la foi, il en résulte que, dans le sens suprême, par le Nom de Jéhovah il est entendu le Seigneur quant au Divin Humain ; et cela, parce que de son Divin Humain procède tout ce qui appartient à l'amour et à la foi : que par le Nom de Jéhovah, dans le sens suprême, il soit entendu le Seigneur, on le voit clairement dans Jean : « Jésus dit : Père ! glorifie ton Nom ; et il vint une voix du Ciel, disant : Et je (L') ai glorifié, et je (Le) glorifierai de nouveau. » — XII. 28. — Dans Esaïe : « Je Te donnerai en alliance au peuple, pour lumière des nations; (Je suis), Moi, Jéhovah, c'est là mon Nom, et ma gloire à un autre je ne donnerai point. » — XLII. 6, 8 ; — là, il s'agit du Seigneur qui doit venir. Dans Jérémie : « Voici, les jours viendront, que je susciterai à David un Germe juste, qui régnera Roi; et voici son Nom, dont on l'appellera : Jéhovah notre Justice.» XXIII. 5, 6. — D'après cela, on voit ce qui est entendu, dans l'Oraison Dominicale, par « soit sanctifié ton Nom ! » — Matth., VI. 9 ; — c'est-à-dire que le Divin Humain du Seigneur doit être considéré comme saint et être adoré. Comme le Nom du Seigneur a ces significations, on peut voir ce qui entendu par les passages suivants : dans Jean : « Le Pasteur des brebis appelle ses propres brebis par leur Nom. » — X. 3. — Dans Luc : « Réjouissez-vous de ce que vos Noms ont été écrits dans le Ciel.» — X. 20. — Et dans l'Apocalypse : « Tu as quelque peu de Noms dans Sardes. » — III. 4. — Celui qui ignore ce que le Nom signifie dans la Parole ne peut nullement savoir comment doivent être entendus ces passages, dans Matthieu : « Qui reçoit un prophète au Nom de prophète, récompense de prophète recevra, et qui reçoit un juste au Nom de juste, récompense de juste recevra ; et quiconque aura donné à boire à l'un de ces petits un verre d'eau froide seulement au Nom de Disciple, en vérité, je vous dis : Il ne perdra point sa récompense.» - X. 41, 42. — Recevoir un prophète au Nom de prophète, un juste au Nom de juste, et donner à boire au Nom de disciple, signifie aimer le vrai pour le vrai, le bien pour le bien, et exercer la charité d'après la foi du vrai; car le prophète signifie le vrai, le juste signifie le bien, et le disciple signifie le bien d'après le vrai ; et donner à boire de l'eau froide, c'est exercer la charité par obéissance; en leur Nom, c'est à cause de leur qualité, par conséquent à cause du vrai, du bien, et du bien d'après le vrai; qui pourrait jamais comprendre ces passages, s'il ignorait ce que signifie le Nom ? Aimer et faire le vrai pour le vrai, et le bien pour le bien, c'est être affecté du vrai et du bien pour le vrai et le bien, et non pour la réputation, l'honneur et le profit de soi-même; cette affection du vrai et du bien est une affection véritablement spirituelle, tandis que l'affection du vrai et du bien pour la réputation, l'honneur et le profit de soi-même, est une affection purement naturelle ; et comme ceux qui aiment le vrai et le bien pour le vrai et le bien, ou parce que c'est le vrai et le bien, sont dans l'affection spirituelle du vrai et du bien, il est dit en conséquence qu'ils recevront une récompense de prophète et de juste, c'est-à-dire qu'ils sont dans l'affection spirituelle du vrai et du bien, laquelle affection a en elle-même la récompense, parce qu'elle a en elle le Ciel. Que la félicité du Ciel soit dans l'affection d'aimer et de faire le vrai et le bien sans but de récompense, par conséquent pour le vrai et le bien, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 6388, 6578, 9174,9984 ; voir aussi, que le Prophète signifie celui qui enseigne le vrai, par conséquent aussi, par abstraction, le vrai qui est enseigné, Nos 2534, 7269 ; que le Juste signifie le bien de l'amour envers le Seigneur, Nos 2235, 9857 ; que le Disciple signifie le bien d'après le vrai, c'est-à-dire, le bien de la charité, Nos 2129, 3354, 3488, 3858, 6397; que donner à boire, c'est instruire dans les biens et les vrais de la foi, et ainsi exercer la charité, Nos 3069, 3772, 4017, 4018, 8562, 9412 ; et que le Nom signifie la qualité de la chose, Nos 144, 145, 1754, 4896, 2009, 3237 : de là, le Nom de Jéhovah ou du Seigneur signifie toute qualité par laquelle il est adoré, Nos 2724, 3006, 6674, 9310.
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