| La Vraie Réligion Chrétienne 775 Il en est de l’homme de l’Eglise dans le concret ou dans le composé de la même manière qu’il en est de l’homme dans l’individuel ou dans le particulier ; l’homme dans le concret ou dans le composé est l’Église parmi plusieurs hommes, et l’homme dans l’individuel ou dans le particulier est l’Église dans chacun de ces hommes. Il est selon l’ordre Divin qu’il y ait des communs et des particuliers, et qu’il y ait en même temps les uns et les autres dans chaque chose, et que les particuliers n’existent pas et ne subsistent pas autrement ; ainsi rien de particulier intérieurement dans l’homme, à moins qu’il n’y ait des communs, dont les particuliers soient entourés; les particuliers dans l’homme sont les viscères et les parties qui les composent, et les communs sont les enveloppes, qui non-seulement sont autour de tout l’homme, mais encore autour de chaque viscère, et autour de chaque partie du viscère ; il en est de même dans toute bête, dans tout oiseau et dans tout insecte ; et il en est de même dans tout arbre, dans tout arbrisseau et dans toute semence ; on ne peut pas tirer un son d’un instrument à cordes ni d’un instrument à vent, à moins qu’il n’y ait un très commun, d’où chaque partie de la modulation tire son commun afin d’exister ; il en est aussi de même de chaque Sens du corps, comme la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, et aussi de même de tous les Sens internes, qui appartiennent au mental. Cela est rapporté pour illustration, afin qu’on sache que de même dans l’Eglise il y a des Communs et des Particuliers, et aussi des très-communs, et que c’est de là que les quatre Eglises ont procédé en ordre ; de cette progression est issu le très-commun de l’Église, et successivement le commun et le particulier de chaque Église. Dans l’homme aussi il y a deux très-communs dont tous les communs et chaque particulier des communs tirent leur existence? Ces deux très-communs dans son corps sont le Cœur et le Poumon, et dans son esprit la Volonté et l’Entendement ; des uns et des autres dépendent toutes les choses de sa vie tant dans le commun que dans le particulier; sans eux elles se disperseraient et mourraient: il en serait de même de tout le Ciel Angélique et de tout le Genre Humain, et même de tout le Monde Créé, si toutes choses dans le commun et chaque chose dans le particulier ne dépendaient de Dieu, de son Amour et de sa Sagesse.
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