| La Vraie Réligion Chrétienne 76 PREMIER MEMORABLE. Un jour j'étais en méditation sur la Création de l'Univers; et comme cette méditation fut perçue par des Anges au-dessus de moi au coté droit, où étaient ceux qui avaient quelquefois médité et raisonné sur ce même sujet, l'un d'eux descendit, et m'invita, et je devins en esprit, et je l'accompagnai, et après que je fus entré, je fus conduit au Prince, dans la Cour duquel je vis environ des centaines d'Anges réunis, et le Prince au milieu d'eux : et alors un de ces Anges me dit : Nous avons perçu ici que tu étais dans une méditation sur la Création de l'Univers; et nous, quelquefois, nous avons été dans une semblable méditation, mais nous ne pouvions pas conclure, parce qu'à nos pensées s'était attachée cette idée du Chaos, que c'était comme un grand Œuf, d'où, avaient été tirées toutes et chacune des choses de l'Univers dans leur Ordre, lorsque cependant nous percevons maintenant, qu'un si vaste Univers n'a pas pu éclore de cette manière ; une autre idée s'était aussi attachée à nos mentals, c'était que toutes choses avaient été créées de rien par Dieu, lorsque cependant nous percevons maintenant, que rien ne se fait de rien ; et nos Mentals n'ont pas encore pu se dégager de ces deux idées, ni voir dans quelque lumière comment la Création a été faite; c'est pourquoi nous l'avons attiré du lieu ou tu étais, afin que tu exposes la méditation sur ce sujet. A ces mots, je répondis: Je l'exposerai ; et je dis : J'ai longtemps médité sur la Création, mais en vain; mais, plus Lard, quand j'eus été introduit par le Seigneur dans votre Monde, je perçus qu'il était inutile de conclure quelque chose sur la Création de l'Univers, si auparavant l'on ne sait pas qu'il y a deux Mondes, l'Un dans lequel sont les Anges, et l'autre dans lequel sont les hommes, et que ceux-ci après la mort passent de leur Monde dans l'autre ; et alors je vis aussi qu'il y avait deux Soleils, l'un d'où proflue tout ce qui est Spirituel, et l'autre d'où proflue tout ce qui est Naturel ; que le Soleil d'où profluent tous les spirituels est le pur Amour procédant de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, et que le Soleil d'où profluent tous les naturels est le pur Feu. Ces connaissances étant acquises, un jour que j'étais dans l'illustration, il me fut donné de percevoir que Jéhovah Dieu avait créé l'Univers par le Soleil au milieu duquel il est; et que, l'Amour n'ayant d'existence qu'autant qu'il est uni à la Sagesse, Jéhovah Dieu avait, de son Amour par sa Sagesse, créé l'Univers; que cela soit ainsi, c'est ce dont j'ai acquis la conviction par toutes et par chacune des choses que j’ai vues dans le Monde où vous êtes et dans le Monde où je suis de corps. Il serait trop long d'exposer comment s'est opérée la progression de la Création depuis son commencement ; toutefois, quand j'étais dans, l'illustration, je perçus qu'au moyen de la Lumière et de la Chaleur du Soleil de votre Monde il a été créé des atmosphères spirituelles qui en elles-mêmes sont substantielles, l'une ayant procédé de l'autre ; et comme elles sont trois, et qu'ainsi il y a trois degrés d'atmosphères, il a été formé trois Cieux, l'un pour les Anges qui sont dans le suprême degré de l'amour et de la sagesse, l'autre pour les Anges qui sont dans le second degré, et le troisième pour les Anges qui sont dans le dernier degré. Mais comme cet Univers spirituel ne peut exister sans un Univers naturel dans lequel il produise ses effets et ses usages, je perçus qu'alors en même temps a été créé le Soleil, d'où procèdent tous les Naturels, et pareillement par ce Soleil, au moyen de la lumière et de la chaleur, trois atmosphères qui enveloppent les trois premières, comme les coquilles enveloppent les noyaux, ou les écorces le bois, et enfin par ces atmosphères le Globe terraqué, où sont les hommes, les bêtes, les poissons, et aussi les arbres, les arbrisseaux et les herbes, au moyen de terres qui consistent en humus, en pierres et en minéraux. Toutefois, c'est là une esquisse très-commune de la Création et de sa progression ; quant aux particuliers et aux singuliers, ils ne peuvent pas être exposés, sans qu'on écrive des Volumes ; mais tout conduit à cette conclusion, que Dieu n'a pas créé l'Univers de rien, car, ainsi que vous l'avez dit, rien ne se l'ait de rien, mais qu'il l'a créé par le Soleil du Ciel Angélique, qui procède de Son Être, et qui est par conséquent le pur Amour uni à la Sagesse : que l'Univers, par lequel est entendu l'un et l'autre Monde, le Spirituel et le Naturel, ait été créé d'Après le Divin Amour et la Divine Sagesse, c’est ce que prouvent et attestent toutes et chacune des choses qu'il contient ; et vous, si vous les examinez en ordre et enchainement, d'après la lumière où sont les perceptions de votre entendement, vous pouvez clairement le voir : mais il faut tenir pour certain que l'Amour et la Sagesse qui en Dieu font un, ne sont pas l'Amour et la Sagesse dans un sens abstrait, mais sont en Lui comme Substance, car Dieu est la Substance et Essence même, la Substance et Essence unique, et par conséquent la Substance et Essence première, qui en soi Est et Subsiste. Que toutes et chacune des choses aient été créées d'après le Divin Amour et la Divine Sagesse, c'est ce qui est entendu par ces expressions dans Jean : « La Parole était chez Dieu, et Dieu était la Parole; toutes choses par Elle ont été faites, et le Monde par Elle a été fait. » I. 1, 3, 10. Là, Dieu signifie le Divin Amour, et la Parole signifie le Divin Vrai ou la Divine Sagesse, c'est pourquoi la Parole y est appelée Lumière, et par la Lumière quand il s'agit de Dieu, il est entendu la Divine Sagesse. Ayant achevé de parler, comme je leur disais adieu, des parcelles de lumière tombèrent du Soleil spirituel par les Cieux angéliques dans leurs yeux, et par leurs yeux dans les habitacles de leur mental, et ayant été ainsi illustrés, ils applaudirent à mes paroles, et ensuite ils me suivirent jusqu'au vestibule, et celui qui m'avait d'abord accompagné vint jusqu'à la maison où j'étais, et de là il remonta vers sa Société.
|