| La Vraie Réligion Chrétienne 577 De là, il résulte encore, que le Seigneur est toujours en action pour régénérer l’homme, parce qu’il est toujours en action pour le sauver, et que nul ne peut être sauvé, s'il n’est régénéré, selon les paroles mêmes du Seigneur dans Jean: « Si quelqu’un n'est engendré de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu. » — III. 3, 8, 6 : — c’est pourquoi la Régénération est le moyen de la salvation, et la Charité et la Foi sont les moyens de la régénération. Croire que la Régénération suit la foi de l’Église d’aujourd’hui, qui n’admet pas la coopération de l’homme, c’est la vanité des vanités. L’action et la coopération, telles qu’elles ont été décrites, peuvent être vues dans chaque chose qui a quelque activité et quelque mobilité : Telles sont l’action et la coopération du cœur et de chaque artère ; le Cœur agit, et l’Artère d’après ses enveloppes ou tuniques coopère, de là la circulation ; il en est de même du Poumon, l'air agit d’après la pression selon la hauteur de son atmosphère, et les côtes coopèrent d’abord avec le poumon, et bientôt ensuite le poumon avec les côtes, de là la respiration de chaque membrane dans le corps ; ainsi les méninges du cerveau, la plèvre, le péritoine, le diaphragme, et toutes les autres membranes qui couvrent les viscères, et qui composent le dedans, agissent et sont mises en action, et ainsi coopèrent, car elles sont élastiques, de là l’existence et la subsistance ; il en est de même dans chaque fibre et chaque nerf, et dans chaque muscle, et même dans chaque cartilage ; que dans chacune de ces parties il y ait action et coopération, cela est notoire. Il y a aussi une telle coopération dans chaque sens, car les sensoria du corps, de même que les motoria, se composent de fibres, de membranes et de muscles ; mais décrire la coopération de chacun est inutile, car on sait que la lumière agit sur l’œil, le son sur l’oreille, l’odeur sur la narine, et la saveur sur la langue, et que les organes s’y adaptent, d’où résulte la sensation : qui est-ce qui de là ne peut percevoir que, s’il n’y avait pas une telle action et une telle coopération avec la vie qui influe dans l’organisme spirituel du Cerceau, la pensée et la volonté ne pourraient pas exister? En effet, la vie influe du Seigneur dans cet organisme ; et, parce que cet organisme coopère, ce qui est pensé est perçu, et pareillement ce qui y est examiné, conclu est déterminé en acte. Si la vie seule agissait, et que l’homme ne coopérât pas comme de lui-même, il ne pourrait pas plus penser qu’une souche, ou qu’un temple quand le Ministre prêche ; le temple peut, il est vrai, sentir comme un écho parla répercussion du son sur les battants des portes, mais il ne sent rien du sermon : tel serait l’homme s’il ne coopérait pas avec le Seigneur quant à la charité et à la foi.
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