| La Vraie Réligion Chrétienne 523 On dit que personne ne peut accomplir la Loi, et qu’on peut d'autant moins l’accomplir que quiconque prévarique contre un précepte du Décalogue, prévarique contre tous : mais cette formule de langage n’est pas ce qu’elle paraît, car cela doit être entendu de cette manière : Celui qui, de propos délibéré ou confirmé, agit.contre un précepte, agit contre tous les autres, parce que agir de propos délibéré et confirmer c’est nier absolument que ce soit un péché; et si l’on dit que c’en est un, c’est le rejeter comme de nulle importance ; et celui qui ainsi nie et rejette un péché, considère comme rien tout ce qui est appelé péché. Dans ce propos délibéré viennent ceux qui ne veulent pas entendre parler de la Pénitence. Au contraire, dans le propos délibéré de croire au Seigneur et d’aimer le prochain viennent ceux qui par la pénitence ont éloigné quelques maux qui sont des péchés ; ceux-ci sont tenus par le Seigneur dans le propos délibéré de s’abstenir de plusieurs ; c’est pourquoi, si par ignorance ou par la prépondérance de quelque convoitise ils pèchent, cela ne leur est point imputé, parce qu’ils ne se le sont pas proposé, et ne le confirment pas chez eux. Il m’est permis de confirmer ceci par ces expériences : Dans le Monde Spirituel, j’ai rencontré plusieurs esprits qui, dans le Monde Naturel, avaient vécu de même que d’autres, en s’habillant avec luxe, se nourrissant avec recherche, trafiquant avec profit, fréquentant les spectacles, plaisantant sur des sujets amoureux avec une sorte de volupté, et faisant plusieurs autres actions semblables, et cependant les Anges considéraient chez les uns ces actions comme des maux, et chez les autres ils ne les considéraient pas comme des maux, et déclaraient ceux-ci innocents et ceux-là coupables ; interrogés pourquoi ils décidaient ainsi, puisque les actions étaient pareilles, ils répondaient qu’ils examinent tous les hommes d’après le propos délibéré, l’intention et la fin, et les distinguent ainsi; et que c’est pour cela qu’eux-même, excusent ou condamnent ceux que la fin ou excuse ou condamne parce que la fin du bien est chez tous dans le Ciel, et la fin du mal chez tous dans l’Enfer.
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