| La Vraie Réligion Chrétienne 484 Qui est-ce qui ne voit l’inanité, je ne veux pas dire la folie, dans les Articles rapportés ci-dessus, N° 464, du Livre Ecclésiastique appelé Formule de Concorde ? Après avoir lu ces articles, et quelques passages çà et là dans la Parole, l’homme ne penserait-il pas en lui-même : « Si la chose était comme l’enseigne ce Livre, à savoir, que l’homme n’a aucun Libre Arbitre dans les choses spirituelles, que serait la religion, qui consiste à faire le bien, sinon un vain mot ! Et sans la religion que serait l’Église, sinon comme autour du bois l’écorce qui n’est bonne qu’à être brûlée? » Et ne penserait-il pas encore « S’il n’y a point d’Eglise, parce qu’il n’y a point de religion, qu’est-ce alors que le Ciel et l’Enfer, sinon des fables inventées par les ministres et les chefs de l’Église pour s’emparer du peuple et s’élever aux honneurs éminents? » De là vient cette sentence abominable qui est dans la bouche de plusieurs: « Qui peut par soi-même faire le bien, et qui peut par soi-même saisir la foi? » Et d’après cette sentence on omet l’un et l’autre, et l’on vit en païen. Mais toi, mon ami, fuis le mal et fais le bien, et crois au Seigneur de tout ton cœur et de toute ton âme ; et le Seigneur t’aimera, et il te donnera l’amour pour faire et la foi pour croire ; et alors d’après l’amour tu feras le bien, et d’après la foi, qui est la confiance, tu croiras ; et si tu persévères ainsi, il se fera une conjonction réciproque, et celle-ci est la conjonction perpétuelle, qui est le salut même et la vie éternelle même. Si d’après les forces qui lui ont été données, l’homme ne faisait pas le bien, et si d’après son mental il ne croyait pas au Seigneur, que serait l'homme? Ne serait-il pas une solitude et un désert, et absolument comme une terre sèche qui ne reçoit pas la pluie, mais la rejette ; ou comme un terrain sablonneux dans lequel les brebis ne trouvent point de pâture ; ou comme une fontaine tarie ; ou comme l’eau stagnante d’une fontaine dont la veine a été bouchée ; on comme une habitation dans un lieu où il ne croît pas de blé et où il n’y a pas d’eau, dans lequel l’homme mourrait de faim et de soif, s’il ne le quittait aussitôt, et ne cherchait ailleurs un endroit habitable?
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