| La Vraie Réligion Chrétienne 478 Mais cet Équilibre spirituel, qui est le Libre Arbitre, peut être illustré par des équilibres naturels. Il est comme l’équilibre d’un homme lié autour du milieu du corps ou par les bras entre deux hommes de même force, dont l’un le tire à droite et l’autre à gauche, alors cet homme peut librement se tourner d’un côté ou de l’autre comme s’il n’était poussé par aucune force, et s’il se porte à droite, il entraîne l’homme de gauche à soi avec violence, jusqu’à ce que cet homme tombe à terre. Il en serait de même si quelqu’un, même faible, était lié entre trois hommes à droite et autant d’hommes de même force à gauche ; et de même, si c’était entre des chameaux ou des chevaux. L’Équilibre spirituel, qui est le Libre Arbitre, peut être comparé à une balance dont chacun des plateaux contient des poids égaux, si alors on ajoute le moindre poids dans l’un des plateaux, l’axe de la balance se met aussitôt en mouvement ; il en est aussi de même d’une barre de fer ou d’une poutre posée par le milieu sur son appui. Toutes et chacune des choses qui sont au dedans de l’homme, comme le cœur, le poumon, l’estomac, le foie, le pancréas, la rate, les intestins, etc., sont dans un pareil équilibre, de là vient que chacune peut remplir ses fonctions dans le plus grand repos ; il en est de même de tous les muscles, sans cet équilibre toute action et toute réaction s’arrêteraient, et l’homme cesserait d’être homme. Puis donc que toutes les choses qui sont dans le Corps sont dans un tel équilibre, toutes celles qui sont dans le Cerveau sont aussi dans un semblable équilibre, et par conséquent toutes celles qui, là, sont dans le Mental, lesquelles se réfèrent à la volonté et à l’entendement. Il y a aussi une liberté chez les bêtes, les oiseaux, les poissons et les insectes ; mais ils sont portés par les sens de leur corps à l’instigation de l’appétit et de la volupté ; l’homme serait assez semblable à eux, s’il avait la liberté de faire comme il a la liberté de penser, il serait aussi porté seulement par les sens de son corps à l’instigation de la convoitise et de la volupté ; il en est tout autrement de celui qui se pénètre des choses spirituelles de l’Église, et réprime par elles son libre arbitre, celui-là est, par le Seigneur, détourné des convoitises et des voluptés du mal, et de leurs avidités innées (connatis), et il a de l’affection pour le bien, et de l’aversion pour le mal ; celui-là est alors transporté par le Seigneur plus près vers l’orient et en même temps vers le midi dans le Monde spirituel, et il est mis dans la Liberté céleste, qui est véritablement la Liberté.
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