| La Vraie Réligion Chrétienne 258 Qu'il soit dangereux de confirmer les apparences du vrai, qui sont dans la Parole, puisqu'il en résulte une illusion, et qu'ainsi le Divin Vrai, qui est caché en dedans, est détruit, en voici la cause elle-même, c'est que toutes et chacune des choses du Sens de la lettre de la Parole communiquent avec le Ciel ; car, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, dans toutes et dans chacune des choses du sens de la lettre il y a un sens spirituel, et ce sens s'ouvre quand il passe de l'homme au Ciel ; et toutes les choses du Sens spirituel sont des vrais réels ; quand donc l'homme est dans les faux, et applique aux faux le sens de la lettre, alors là sont les faux, et quand les faux entrent, les vrais sont dissipés ; cela arrive dans le chemin en passant de l'homme au ciel ; c'est, pour me servir d'une comparaison, comme si une vessie brillante remplie de fiel était lancée vers un homme, et qu'avant d'arriver à lui elle se crevât dans l'air, et que le fiel se répandit de tout côté, dès que cet homme sentirait l'air infecté de fiel, il se détournerait et fermerait la bouche, afin que sa langue n'en fût pas affectée. C'est aussi comme si une Outre entourée de cercles de cèdre, dans laquelle il y aurait du vinaigre plein de petits vers, se rompait dans le transport, l'odeur puante qui s'en exhalerait serait sentie par l'homme, qui aussitôt agiterait l'air pour dissiper la mauvaise odeur, afin qu'elle ne pénétrât point dans ses narines. C'est encore comme si l'on enlevait la croûte d'un pâté, dans lequel au lieu d'amandes il y aurait une couleuvre récemment née, que cette petite couleuvre parût portée par le vent vers les yeux de quelqu'un, il est évident que celui-ci se détournerait, pour éviter d'être atteins. Il en est de même de la lecture de la Parole par l'homme qui est dans les faux, et qui applique à ses faux quelque chose du sens de la lettre de la Parole, alors pendant le chemin vers le Ciel, ce qu'il lit est rejeté afin qu'un tel mélange n'influe pas et n'infeste pas les Anges ; en effet, lorsque le faux touche le vrai, c'est comme lorsque la pointe d'une aiguille touche une fibrille de nerf, ou la pupille de l'œil ; on sait que la fibrille du nerf se roule aussitôt en spirale et se replie sur elle-même, et que l'œil au premier contact se recouvre de ses paupières. D'après ces explications, il est évident que le vrai falsifié enlève la communication avec le Ciel et le ferme. Telle est la cause pour laquelle il est dangereux de confirmer un faux hérétique quelconque.
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