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La Vraie Réligion Chrétienne 11 

 IV. LES NATIONS ET LES PEUPLES ONT EU ET ONT, D'APRES PLUSIEURS  CAUSES,  DES  OPINIONS   DIFFERENTES SUR LA QUALITE DE CE DIEU UN.

Une première cause, c'est qu'il ne peut y avoir connaissance de Dieu, ni par conséquent reconnaissance de Dieu sans Révélation, et qu'il n'y a connaissance du Seigneur, et par suite reconnaissance que dans le Seigneur habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, que d'après la Parole, qui est la Couronne des Révélations; car l'homme, quand une Révélation a été donnée, peut aller au-devant de Dieu et recevoir l'influx, et par conséquent de naturel devenir spirituel: or, une primitive Révélation a été répandue sur tout le globe, et l'homme naturel l'a pervertie de plusieurs manières; de là les écarts, les dissentiments, les hérésies et les schismes des religions. Une seconde cause, c'est que l'homme Naturel ne peut rien percevoir ni rien s'appliquer de ce qui concerne Dieu, mais peut seulement percevoir et s'appliquer ce qui concerne le Monde ; aussi est-il dit dans les canons de l'Eglise Chrétienne que l'homme Naturel est opposé à l'homme Spirituel, et qu'ils combattent l'un contre l'autre; de là vient que ceux qui, d'après une Parole résultant d'une autre Révélation, ont connu qu'il y a un Dieu, ont eu et ont des opinions différentes sur la qualité de Dieu et sur l'Unité de Dieu. Ceux donc de qui la vue du mental était sous la dépendance des sens du corps, et qui cependant voulaient voir Dieu, se sont formé des Simulacres d'or, d'argent, de pierre et de bois, afin que sous ces simulacres, comme objets de la vue, ils adorassent Dieu ; et d'autres qui par religion avaient rejeté les simulacres, se sont représenté Dieu par les images du Soleil et de la Lune, des Astres et de divers objets sur la terre ; mais ceux qui s'étaient crus plus sages que le vulgaire, et qui cependant étaient restés hommes naturels, ont, d'après l'immensité de Dieu et sa toute présence en créant le Monde, reconnu pour Dieu la Nature, les uns dans ses intimes, et les autres dans ses derniers, et quelques-uns, afin de séparer Dieu de la nature, ont imaginé quelque chose de très-universel qu'ils ont nommé l'Être de l'univers ; et comme ils ne savent rien de plus sur Dieu, cet Être devient chez eux un être de raison, c'est-à-dire, une chose de néant. Qui ne peut comprendre que les connaissances sur Dieu sont des miroirs de Dieu, et que ceux qui ne savent rien de Dieu voient Dieu non dans un miroir tourné vers les yeux, mais dans un miroir retourné, ou par le dos qui est couvert de vif argent ou d'un noir gluten, et ne réfléchit pas l'image, mais l'étouffe ? La Foi de Dieu entre dans l'homme par le Chemin antérieur qui va de l'âme dans les supérieurs de l'entendement ; mais les connaissances sur Dieu entrent par le Chemin postérieur, parce que l'Entendement les puise par les sens du corps dans la Parole révélée ; et la rencontre des influx se fait au milieu de l'Entendement, et là la foi naturelle, qui n'est qu'une persuasion, devient la foi spirituelle, qui est la reconnaissance elle-même; l'Entendement humain est donc comme un bureau de change dans lequel se fait la permutation.

 


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