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| AC 968. Quelques esprits avaient puisé dans le monde et emporté avec eux cette idée, qu'on ne doit pas parler avec le diable et qu'on doit le fuir, mais on leur a appris qu'il ne peut nuire en rien à ceux que le Seigneur garde, lors même que tout l'Enfer les investirait tant à l'extérieur qu'à l'intérieur; c'est ce qu'il m'a été donné de savoir par de nombreuses et de merveilleuses expériences, de sorte qu'enfin je ne craignais nullement de parler même avec ceux de la troupe infernale qui étaient les plus méchants; cela m'avait été accordé afin que je susse quels ils étaient. De plus, il m'a été permis de dire à ceux qui avaient été surpris de ce que j'avais de semblables entretiens, que non-seulement cela ne me nuit en rien, mais encore que ceux qui sont diables dans l'autre vie ont été hommes, et que ce sont ceux qui pendant leur séjour dans le monde ont passé leur vie dans les baines, les vengeances et les adultères, et dont quelques-uns même ont été alors plus estimés que les autres; que, bien plus, parmi ces diables, il y en a quelques-uns que j'ai connus dans la vie du corps; que par le diable on ne doit entendre que cette fourbe infernale; qu'en outre il y a chez chaque homme, pendant qu'il vit dans le corps, pour le moins deux esprits infernaux et aussi pour le moins deux Anges du Ciel; que les esprits infernaux règnent chez les méchants, mais que chez les hommes bons ils sont subjugués et forcés de servir; qu'ainsi c'est une erreur de croire qu'il y a eu, dès le commencement de la création, quelque diable, autre que les hommes qui devinrent diables. Lorsqu'ils m'eurent entendu parler ainsi, ils furent étonnés, et avouèrent qu'ils avaient eu une opinion bien différente sur le diable et sur la troupe diabolique. |
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