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| AC 959. Une nuit, je m'éveillai au milieu de mon sommeil, et j'entendis autour de moi des esprits qui voulaient, tandis que je dormais, me dresser des embûches; je me rendormis bientôt, et j'eus un songe qui m'attristait; mais m'étant réveillé, il se présenta aussitôt des esprits chargés de punir, ce qui me surprit; ils punissaient, à faire pitié, les esprits qui m'avaient dressé des embûches pendant mon sommeil. Ils introduisaient en eux l'apparence de corps, qui furent vus, et de sens corporels; et ils les torturaient ainsi en froissant avec violence, en deçà et en arrière, les parties entre elles, et au moyen des douleurs communiquées par les réactions. L'intention de ceux qui punissaient était de les tuer, s'ils avaient pu; de là l'extrême violence qu'ils employaient. Le plus grand nombre de ceux qui étaient punis se composaient de sirènes. — Voir, à leur sujet, le N° 831. — La punition dura longtemps, et s'étendit autour de moi vers plusieurs cohortes; et ce qui m'étonna, c'est que toutes les sirènes qui m'avaient tendu des embûches étaient trouvées, bien qu'elles voulussent se cacher; elles essayaient, en leur qualité de sirènes, d'éluder la peine par de nombreux artifices; mais elles ne le purent pas. Tantôt elles voulaient s'y dérober en rentrant dans leur nature intérieure, tantôt induire à croire qu'elles étaient d'autres esprits, tantôt faire tomber la peine sur les autres par des translations d'idées; tantôt elles se transformaient en enfants que l’on tourmentait, tantôt en bons esprits, tantôt en anges, sans parler de plusieurs autres expédients auxquels elles eurent recours; mais tout fut inutile. J'étais surpris de les voir punir avec tant de sévérité, mais je percus gue leur crime est énorme, parce qu'il est d'absolue nécessité que l'homnje dorme en toute sureté, sans quoi le genre humain périrait; de là il est nécessaire que le châtiment soit si grand. Je perçus que la même chose arrive aussi autour des autres hommes: les mauvais esprits cherchent à les surprendre insidieusement dans leur sommeil, quoique l'homme ne le sache pas; car celui à qui il n'est pas accordé de parler avec les esprits, ni d'être par le sens interne avec eux, ne peut entendre, ni à plus forte raison voir rien de semblable, quoique cependant de telles choses se passent sans cesse autour des autres hommes: Le Seigneur veille avec la plus grande attention sur l'homme quand il dort. |
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