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| AC 941. Il y a aussi à droite de la Géhenne ou entre la Géhenne et l'Etang, une autre ville que les meilleures d'entre les Juifs s'imaginent habiter; mais cette ville se transforme pour eux selon leurs fantaisies; tantôt elle se change en bourgades, tantôt en étang, et tantôt elle redevient ville: ceux qui sont là ont une grande peur des voleurs, et tant qu'ils résident dans cette ville ils sont en sûreté. Entre les deux villes, il y a comme un intervalle triangulaire, couvert de ténèbres, où se tiennent des voleurs; ce sont des juifs, mais des plus méchants d'entre eux, qui torturent à faire pitié tous ceux qu'ils rencontrent. Les Juifs, par la crainte qu'ils ont de ces voleurs, les appellent le Seigneur, et nomment Terre le désert où ils sont. Pour qu'ils puissent, des régions qui sont à droite, venir dans cette ville sans avoir rien à craindre des voleurs, il y a, à l'extrémité angulaire, un bon esprit qui reçoit ceux qui viennent; et quand ils arrivent près de lui, ils se courbent vers la terre et sont introduits sous ses pieds; c'est la manière d'être admis dans cette ville. Un esprit étant venu précipitamment vers moi, je lui demandai d'où il venait; il me dit qu'il fuyait et craignait les voleurs qui tuent, massacrent, brûlent et cuisent les hommes, et il me demanda où il pourrait être en sûreté. Je m'informai d'où il était et de quelle terre: il n'osa rien me répondre par la crainte qu'il ne fut question de la terre du Seigneur, car ils appellent terre le désert, et Seigneur les voleurs. Il vint ensuite des voleurs; ils étaient très-noirs, parlaient à voix basse, et étaient comme des géants; mais, ce qui est surprenant, c'est qu'à leur approche, les sens sont frappés de terreur et d'effroi. Je leur demandai qui ils étaient; ils me répondirent qu'ils cherchaient des dépouilles. Je leur demandai où ils voulaient entasser leurs dépouilles; s'ils ignoraient qu'ils étaient des esprits, et qu'ils ne pouvaient ni enlever, ni entasser des dépouilles, et que ces apparences étaient des fantaisies de leurs maux. Ils me répondirent qu'ils étaient dans le désert, cherchant à piller, et qu'ils font éprouver des tortures à ceux qu'ils rencontrent. Ils reconnurent enfin, pendant qu'ils se tenaient près de moi, qu'ils étaient des esprits; mais néanmoins je ne pus les amener à croire qu'ils ne vivaient plus dans le corps. Ce sont des Juifs qui errent ainsi, proférant des menaces de tuer, de massacrer, de brûler, de cuire, et cela contre tous ceux qu'ils rencontrent, même contre des Juifs ou des amis. Je pus aussi connaître par là quel est leur caractère, quoique dans le monde ils n'osent pas se montrer tels qu'ils sont. |
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