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| AC 845. Si les sources de l'abîme signifient la tentation quant aux volontaires, et les cataractes du Ciel la tentation quant aux intellectuels, en voici la raison: c'est le volontaire de l'homme qui est dirigé par l'enfer; il n'en est pas de même de l'intellectuel, à moins qu'il ne soit plongé dans les cupidités qui appartiennent à la volonté. Ce qui damne l'homme et le précipite dans l'enfer, ce sont les maux qui appartiennent à la volonté; il n'en est pas ainsi des faussetés, à moins qu'elles n'aient été accouplées aux maux, alors les unes sont la conséquence des autres. On peut en voir la preuve par bien des hommes qui sont dans les faussetés et qui néanmoins sont sauvés; tels sont, par exemple, un grand nombre de gentils qui ont vécu dans la charité naturelle et dans la Miséricorde, et les Chrétiens qui ont cru dans la simplicité du coeur. L'ignorance même et la simplicité excusent l'homme parce qu'en elles peut se trouver l'innocence. Il en est autrement de ceux qui se sont confirmés dans les faussetés, et qui par suite ont tellement conformé leur vie au faux, qu'ils rejettent être poussés avec dédain tout ce qui est vrai; cette vie est mise en vastation, avant que quelque chose de vrai et par conséquent de bien puisse être semé en eux. Mais quant à ceux qui se sont confirmés dans les faussetés par les cupidités, au point que les faussetés et les cupidités constituent une seule vie, leur état est bien plus déplorable; ce sont ceux-là qui se plongent dans l'enfer. Voilà pourquoi la tentation quant aux volontaires est signifiée par les sources de l'abîme, qui sont les enfers; et que la tentation quant aux intellectuels est signifiée par les cataractes du Ciel, qui sont les nuées d'où vient la pluie. |
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