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| AC 794. Ces mots, et les eaux se renforcèrent beaucoup, beaucoup sur la terre, signifient que les persuasions du faux s'étaient ainsi accrues: on le voit par ce qui vient d'être dit et expliqué au sujet des eaux; on a vu, en effet, que les eaux du déluge, ou les eaux d'inondation, signifient les faux: or, comme ici il y a un plus grand accroissement de faux ou de persuasion du faux, il est dit que les eaux se renforcèrent beaucoup, beaucoup, expression superlative de la langue originale. Les faux sont les principes du faux et les persuasions du faux; et il est évident, par ce qui a été déjà dit de ces principes et de ces persuasions, qu'ils s'accrurent immensément chez les Antédiluviens. Les persuasions s'accroissent immensément lorsqu'on plonge les vrais dans les cupidités, ou lorsqu'on fait qu'ils deviennent favorables aux amours de soi et du monde; car alors on pervertit les vrais, et on les force par mille moyens à s'accorder avec les persuasions. Est-il, en effet, un homme qui, ayant puisé ou s'étant forgé un principe du faux, ne le confirme ensuite en lui par une multitude de moyens scientifiques, et même par la Parole? Est-il une seule hérésie qui ne saisisse ainsi les choses propres à la confirmer, et qui ne force, n'interprète et ne torde de mille manières celles qui ne lui sont pas favorables, pour qu'elles ne lui soient pas opposées! Par exemple, celui qui adopte le principe que la foi seule sauve sans les biens de la charité, ne peut-il pas, d'après la Parole, bâtir un systême entier de doctrine, sans prendre garde, sans faire aucunement attention, sans voir même que le Seigneur a dit que l'Arbre est connu par le fruit, et que l'arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu? — Matth. VII. 16, 17, 18, 19, 20. XII. 33. — Est-il rien qui ne plaise mieux que de vivre selon la chair, et d'être néanmoins sauvé par la seule connaissance du vrai, quoiqu'on ne fasse pas le moindre bien? Toute cupidité à laquelle l'homme s'abandonne fait la vie de sa volonté, et tout principe ou toute persuasion du faux fait la vie de son entendement; ces deux vies n'en font qu'une lorsqu'on plonge les vrais ou les doctrinaux de la foi dans les cupidités. C'est ainsi que chaque homme se forme comme une âme, dont la vie, après la mort, devient telle qu'elle a été formée; aussi, rien n'est-il plus important pour l'homme que de savoir ce que c'est que le vrai. Quand il sait ce que c'est que le vrai, et qu'il en a une connaissance telle que ce vrai ne puisse être perverti, il ne peut plus être ainsi plongé dans les cupidités, ni faire ce qui porte avec soi la mort. Qu'est-ce que l'homme doit avoir de plus à coeur que sa vie pour l'éternité? s'il détruit son âme dans la vie du corps, ne la détruit-il pas pour l'éternité? |
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