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| AC 1378. J'ai été informé, tant par des conversations avec les anges que par une vive expérience, que les esprits, comme esprits, quant aux parties organiques qui constituent leurs corps, ne sont pas dans le lieu où on les voit, mais qu'ils peuvent en être très-éloignés, et néanmoins y apparaître. Je sais que ceux qui se laissent entrainer par les illusions ne le croiront pas, mais néanmoins c'est ainsi que la chose se passe. Cela a été mis dans toute son évidence devant ces esprits qui n'ont jamais rien cru comme vrai que ce qu'ils voyaient de leurs yeux, bien que ce fut une pure illusion; on leur rappela que chez les hommes dans le monde, il se passe quelque chose de semblable; par exemple, quand le son d'un homme qui parle entre dans l'oreille d'un autre, si l'homme qui entend n'avait sur les différences du son aucune des connaissances que l'usage lui a fait acquérir depuis son enfance, et. s'il ne voyait la distance, il ne pourrait faire autrement que de croire que celui qui parle est près de son oreille. De même, si l'homme qui voit quelque objet éloigné de lui ne voyait pas en même temps les objets intermédiaires, et si par là il n'en connaissait pas la distance, ousi par les connaissances qu'il a il ne concluait pas qu'elle est la distance, il croirait que cet objet éloigné est très-près de son oeil. A plus forte raison doit-il en être de même du langage des esprits, qui est un langage intérieur, et de leur vue, qui est une vue intérieure. On leur dit ensuite que d'après cela ils ne devaient pas en douter et qu'ils devaient encore moins le nier, en donnant pour motif que cela ne parait pas ainsi devant leurs yeux et qu'ils ne le perçoivent pas ainsi, puisque une expérience manifeste le prouve. De même, il y a aussi plusieurs choses dans la nature qui sont contre les illusions des sens, mais que l'on croit, parce qu'une expérience visible l'enseigne; telle est par exemple la navigation autour du globe de la terre: ceux qui se laissent entrainer par les illusions des sens croiraient que le vaisseau et son équipage doivent tomber quand ils sont dans la partie opposée, et que les antipodes ne peuvent nulle-ment se tenir sur leurs pieds: il en est de même de ceci et de plusieurs autres choses, dans l'autre vie, qui sont opposées aux illusions des sens et qui cependant sont vraies; telle est cette assertion que l'homme n'a pas la vie par soi, mais qu'il l'a par le Seigneur, et beaucoup d'autres. Par ces exemples et par d'autres, ces esprits incrédules ont pu être amenés à croire que la chose se passe ainsi. |
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