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| AC 1118. On me fit voir, par un certain influx que je ne saurais décrire, quel avait été leur langage pendant qu'ils vivaient dans le monde. Il n'était pas articulé comme le langage par mots de notre temps; il était tacite et se faisait non par la respiration externe, mais par la respiration interne. il me fut même accordé de connaître quelle avait été leur respiration interne, et je sus qu'elle partait de l'ombilic en allant vers le coeur et se manifestait par les lèvres sans qu'il y eut rien de sonore, et qu'elle n'entrait pas dans l'oreille des autres par une voie externe et ne frappait pas sur ce qu'on appelle le tympan de l'oreille, mais qu'elle entrait par une certaine voie dans l'intérieur de la bouche et même par ce qu'on appelle aujourd'hui la trompe d'Eustache. On me montra que par ce langage ils pouvaient exprimer les sentiments du coeur et les idées de la pensée bien plus pleinement qu'on ne peut jamais le faire par des sons articulés ou des mots sonores qui sont pareillement régie par une respiration, mais par celle qui est externe; car dans chaque mot il n'y a rien qui ne soit régie par l'application de la respiration; mais chez eux cela se faisait avec beaucoup plus de perfection, parce que c'était par la respiration interne, qui étant intérieure est par cela même bien plus parfaite, et bien plus applicable et plus conforme aux idées mêmes de la pensée. Outre cela, ils s'exprimaient encore par de très-légers mouvements de lèvres et par des changements correspondants du visage; en effet, comme ils étaient hommes célestes, tout ce qu'ils pensaient se manifestait clairement sur leur visage et dans leurs yeux, qui offraient les mêmes variétés que leurs pensées. Ils ne pouvaient jamais montrer une physionomie qui ne fut pas en rapport avec ce qu'ils pensaient; la dissimulation et plus encore la fourberie Etaient pour eux un crime énorme. |
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