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| AC 1077. Puisque ceux qui sont appelés ici Cham et Canaan c'est-à-dire ceux qui séparent la foi d'avec la charité et placent ainsi le culte seulement dans les externes, ne peuvent savoir ce que c'est que la conscience, ni d'où elle vient, je vais le dire en peu de mots: La conscience se forme par les vérités de la foi; car ce que l'homme a entendu, reconnu et cru, voilà ce qui fait chez lui la conscience; agir ensuite contre ces vérités, c'est pour lui agir contre la conscience, et chacun peut très-facilement s'en convaincre. De là résulte que si les choses qu'il entend, reconnait et croit ne sont pas des vérités de la foi, il ne peut pas avoir la vraie conscience. L'homme, en effet, se régénéré par les vérités de la foi, le Seigneur opérant dans la charité; il reçoit ainsi la conscience par ces vérités, et la conscience est l'homme nouveau lui-même. On. voit par là que les vérités de la foi sont des moyens pour qu'il devienne, c'est-à-dire pour qu'il vive homme selon les préceptes que la foi enseigne, dont le principal est d'aimer le Seigneur par-dessus toutes choses et le prochain comme soi-même. S'il ne vit pas conformément à ces préceptes, qu'est-ce que la foi, sinon quelque chose de vain, un mot résonnant à l'oreille, ou quelque chose sépare de la vie céleste, et dans lequel il n'y a point de salut; croire, en effet, que de quelque manière que l'homme vive il peut toujours être sauvé, pourvu qu'il ait la foi, c'est dire que lors même qu'il n'a aucune charité, que lors même qu'il n'a aucune conscience, il est sauvé: ou, ce qui est la même chose, que lors même qu'il passe sa vie dans les haines, les vengeances, les rapines, les adultères, en un mot dans tout ce qui est opposé à la charité et à la conscience, pourvu qu'il ait la foi, quand ce ne serait qu'à l'heure de la mort, il peut être sauvé. Qu'ils examinent maintenant, lorsqu'ils sont dans un principe aussi faux, quel est le vrai de la foi qui peut former leur conscience; n'est-ce pas le faux? S'ils pensent avoir quelque conscience, ce sont seulement les liens externes, savoir la crainte d'être puni par la loi, de perdre honneur, profit, réputation, qui font en eux ce qu'ils appellent la conscience, et qui les empêchent de nuire au prochain et les portent à lui faire du bien; mais comme ce n'est pas la la conscience, parce que ce n'est pas la charité, il en résulte que de tels hommes, lorsque ces liens sont lâchés ou rompus, se livrent aux actions les plus criminelles et les plus obscènes. Il en est tout autrement de ceux qui, tout en disant que la foi seule sauve, ont néanmoins vécu dans la charité; la charité, en effet, a été placée par le Seigneur dans leur foi. |
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