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| AC 10758. 10758. Enfin je m'entretins avec les Esprits de cette Terre de la croyance des habitants de la nôtre au sujet de la résurrection, leur disant que ceux-ci ne peuvent concevoir que les hommes, aussitôt après la mort, viennent dans l'autre vie, et apparaissent alors comme hommes quant à la face, au corps, aux bras, aux pieds, et quant à tous les sens externes et internes ; ni, à plus forte raison, qu'ils aient des vêtements, des logements et des demeures ; et que cela vient seulement de ce que la plupart pensent d'après les sensuels qui appartiennent au corps, et croient par conséquent que ce qu'ils ne voient point et ne touchent point n'est rien; et que peu d'entre eux peuvent être retirés des sensuels externes vers les sensuels internes, et être ainsi élevés dans la lumière du ciel : de là résulte qu'ils ne peuvent avoir de leur âme ou esprit aucune idée que ce soit un homme, mais qu'ils ont l'idée que c'est comme un vent, de l'air, ou un souffle sans aucune forme, dans lequel cependant il y a quelque vital : c'est pour cela qu'ils croient qu'ils ne ressusciteront qu'à la fin du monde, qu'ils appellent jugement dernier, et qu'alors leur corps, quoique réduit en poudre et dispersé par tous les vents, sera rétabli et conjoint à son âme ou à son esprit : j'ajoutai qu'il leur est permis d'avoir cette croyance, parce que ne pensant, comme il a été dit, que d'après les sensuels, ils ne peuvent comprendre autre chose sinon que l'âme ou l'esprit ne peut vivre homme et dans la forme humaine, à moins qu'elle ne reprenne ce corps dont elle était enveloppée dans le monde ; si donc on ne leur disait pas que ce corps ressuscitera, ils rejetteraient de leur cœur, comme incompréhensible, la doctrjne sur la résurrection et sur la vie éternelle. Toutefois, cette idée sur la Résurrection a néanmoins cela d'utile, qu'ils croient à la vie après la mort ; et de cette foi il résulte que, lorsqu'atteints d'une maladie grave ils sont étendus dans un lit et ne pensent point, comme précédemment, d'après les choses mondaines et corporelles, ni par conséquent d'après les sensuels, ils croient alors qu'aussitôt après leur décès ils vivront ; ils parlent même alors du ciel et de l'espoir d'y vivre aussitôt après la mort sans avoir égard au doctrinal sur le jugement dernier ; je leur dis ensuite que j'avais été quelquefois étonné de ce que, quand ceux qui sont dans la foi parlent des leurs qui meurent ou sont morts, sans penser en même temps au jugement dernier, ils croient qu'ils doivent vivre ou qu'ils vivent hommes aussitôt après le décès ; mais cette idée, dès que la pensée sur le jugement dernier influe, est changée en l'idée matérielle que leur corps terrestre doit être de nouveau conjoint à leur âme : en effet, ils ne savent point que chaque homme est un Esprit quant à ses intérieurs, et que c'est cet Esprit qui vit dans le corps, et non le corps qui vit par lui-même; et que c'est l'esprit de chacun, qui donne au corps sa forme humaine, par conséquent qui est principalement l'homme, et dans une forme semblable, mais invisible au yeux du corps, quoique visible aux yeux des Esprits; de là vient même que, quand la vue de l'esprit de l'homme est ouverte, ce qui se fait par l'éloignement de la vue du corps, les Anges apparaissent comme hommes : ainsi ont apparu aux anciens les Anges dont il est parlé dans la Parole. J'ai aussi quelquefois conversé avec des Esprits que j'avais connus, quand ils vivaient hommes dans le monde, et je leur ai demandé s'ils voudraient être revêtus de nouveau de leur corps terrestre, ainsi qu'ils avaient précédemment pensé; à cette question, la seule idée de cette conjonction leur faisait prendre la fuite, tout stupéfaits d'avoir eu dans le monde une telle pensée d'après une foi aveugle privée de tout entendement. |
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