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Nom du Livre (Arcanes Célestes)
 
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AC 10409. 10409. Qui t'ont fait monter de la terre d'Egypte, signifie les choses qui ont conduit : on le voit par la signification de faire monter de la terre d'Egypte, lorsque cela est dit de ceux qui sont dans les externes sans l'interne, en ce que c'est se conduire soi-même; car la terre d'Egypte, quand il s'agit de ceux-là, signifie la servitude, et faire monter signifie par suite se conduire soi-même ; en effet, ici ces mêmes paroles signifient le contraire de ce qu'elles signifient quand elles sont dites de ceux qui sont dans l'interne et en môme temps dans les externes; quand elles sont dites de ceux-ci, elles signifient être conduit par le Seigneur, ainsi être élevé de l'homme naturel à l'homme spirituel, ou du monde au ciel, par conséquent de la servitude à la liberté ; mais quand elles sont dites de ceux qui sont clans les externes sans les internes, elles signifient être conduit par soi-même, ce qui est ne point être élevé au ciel, mais se précipiter dans l'enfer, par conséquent de la liberté dans la servitude; que la servitude soit être conduit par soi-même, et la liberté être conduit par le Seigneur, on le voit, N° 2892, 9096, 9586, 9589, 9590, 9591 : mais comme ceux-ci croient que le Divin n'opère rien chez l'homme, et que l'homme se conduit lui-même, et aussi que c'est là le libre, il sera dit ici quelques mots sur ce sujet : Dans cette opinion et dans cette persuasion sont fous ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par-dessus toutes choses, car ce qu'on aime par-dessus toutes choses, on l'adore comme un dieu ; un très-grand nombre aujourd'hui dans le Monde Chrétien sont tels ; mais il m'a principalement été donné de savoir quels ils sont par ceux qui leur ressemblent dans l'autre vie; car l'homme après la vie dans le monde, quand il devient esprit, est absolument semblable à lui-même quant aux affections qui appartiennent à l'amour, et quant aux pensées et aux persuasions, ainsi tel qu'il avait été lorsqu'il vivait dans le corps ; ceux-ci disaient qu'ils s'étaient confirmés dans cette foi, parce que l'homme arrive aux dignités et à l'opulence, non d'après quelque secours Divin ni d'après la Providence, mais par sa propre intelligence et par sa propre prudence, et assez souvent par la fortune, et toujours alors d'après des causes que l'on voit provenir des hommes ; ajoutant que la commune expérience atteste cela, puisque les méchants, les astucieux et les impies sont, plus que les bons, souvent élevés aux dignités et deviennent riches, ce qui n'arriverait pas si le Divin gouvernait : mais il m'était donné de leur répondre que la confirmation par de tels motifs était un raisonnement provenant de la propre intelligence et du propre amour, raisonnement qui résulte de pures illusions et est dans l'obscurité sur les causes ; en effet, ils croient qu'être élevés aux dignités et s'enrichir plus que les autres, c'est le bien même que le Divin donne à l'homme, et qu'ainsi la Bénédiction Divine, comme aussi on l'appelle, consiste en ces choses seules; mais néanmoins elles sont plutôt une malédiction pour ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par-dessus tout, car autant ils sont élevés aux honneurs et acquièrent de richesses par leur étude et par leur art, autant aussi ils sont emportés dans l'amour de soi et du monde, au point qu'ils mettent enfin leur cœur tout entier dans les honneurs et les richesses, et qu'ils les regardent comme les uniques biens, ainsi comme les uniques prospérités et les uniques félicités de l'homme, lorsque cependant ces avantages prennent fin avec la vie de l'homme dans le monde : mais les biens, les prospérités et les félicités qui sont donnés à l'homme et auxquels il est pourvu pour lui par le Divin, sont éternels, et n'ont aucune fin, ainsi ce sont là les vraies bénédictions; entre le temporaire de l'éternel, comme entre le fini du temps et l'infini, il n'existe aucun rapport; ce qui dure pour l'éternité, Est ; mais ce qui a une fin, respectivement n'Est point ; le Divin pourvoit à ce qui Est, mais il ne pourvoit pas à ce qui n'Est point, si ce n'est qu'autant que cela conduit à ce qui Est; car Jéhovah, qui est le Divin Même, Est, et ce qui procède de Lui, Est aussi; d'après cela, on voit de quelle qualité est ce qui est donné à l'homme et ce à quoi il est pourvu pour lui par le Divin, et de quelle qualité est ce que l'homme se procure à lui-même. En outre, tout homme est conduit par le Divin au moyen de l'intellectuel; s'il n'était pas conduit au moyen de son intellectuel, aucun homme ne pourrait être sauvé ; de là vient que le Divin laisse l'intellectuel chez l'homme dans son libre, et ne lui impose point de frein ; c'est pour cela qu'il arrive que les méchants réussissent par les machinations et les fourberies qui proviennent de leur entendement; mais les prospérités qu'ils obtiennent par là prennent fin avec leur vie dans le monde, et deviennent des malheurs; mais les choses auxquelles il est pourvu pour les bons par le Divin n'ont aucune fin, et deviennent des prospérités et des félicités durant l'éternité. C'est ainsi que je parlais à ces esprits qui avaient été tels dans le monde; ils me répondaient qu'alors ils n'avaient en rien pensé ni au bien, ni à la prospérité, ni à la félicité durant l'éternité; et que, lorsqu'ils étaient dans leurs amours, ils avaient absolument nié la vie après la mort; qu'enfin autant ils parvenaient aux honneurs et aux richesses, autant ils croyaient qu'il n'existait pas d'autres biens, et que même il n'y avait ni Ciel, ni Divin ; que par conséquent ils n'avaient pas su ce que c'est qu'être conduit par le Divin. Ceux qui se sont ainsi confirmés dans le monde par la doctrine et par la vie, restent tels aussi dans l'autre vie; chez eux les intérieurs ont été fermés, et ainsi ils n'ont point de communication avec le Ciel; il n'y a d'ouvert que les extérieurs, par lesquels ils ont seulement communication avec les enfers; ceux d'entre eux qui, par des machinations, des artifices et des fourberies, sont parvenus aux honneurs ou aux richesses, deviennent magiciens dans les enfers ; ils apparaissent sous les fesses, assis à une table avec un bonnet enfoncé jusque sur les paupières ; et ils recueillent ainsi, comme dans un état de méditation, les choses qui servent à l'art magique, s'imaginant pouvoir par elles se conduire eux-mêmes; leur langage tombe entre leurs dents avec une sorte de sifflement ; et plus tard, quand ils sont dévastés, ils sont jetés dans la fosse au large fond, où règne un épais brouillard ; là, la lueur de leur entendement s'obscurcit jusqu'à la sottise; parmi ceux qui y avaient été jetés, j'en ai vu qui dans le monde avaient passé pour les plus ingénieux. 10409. Qui t'ont fait monter de la terre d'Egypte, signifie les choses qui ont conduit : on le voit par la signification de faire monter de la terre d'Egypte, lorsque cela est dit de ceux qui sont dans les externes sans l'interne, en ce que c'est se conduire soi-même; car la terre d'Egypte, quand il s'agit de ceux-là, signifie la servitude, et faire monter signifie par suite se conduire soi-même ; en effet, ici ces mêmes paroles signifient le contraire de ce qu'elles signifient quand elles sont dites de ceux qui sont dans l'interne et en môme temps dans les externes; quand elles sont dites de ceux-ci, elles signifient être conduit par le Seigneur, ainsi être élevé de l'homme naturel à l'homme spirituel, ou du monde au ciel, par conséquent de la servitude à la liberté ; mais quand elles sont dites de ceux qui sont clans les externes sans les internes, elles signifient être conduit par soi-même, ce qui est ne point être élevé au ciel, mais se précipiter dans l'enfer, par conséquent de la liberté dans la servitude; que la servitude soit être conduit par soi-même, et la liberté être conduit par le Seigneur, on le voit, N° 2892, 9096, 9586, 9589, 9590, 9591 : mais comme ceux-ci croient que le Divin n'opère rien chez l'homme, et que l'homme se conduit lui-même, et aussi que c'est là le libre, il sera dit ici quelques mots sur ce sujet : Dans cette opinion et dans cette persuasion sont fous ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par-dessus toutes choses, car ce qu'on aime par-dessus toutes choses, on l'adore comme un dieu ; un très-grand nombre aujourd'hui dans le Monde Chrétien sont tels ; mais il m'a principalement été donné de savoir quels ils sont par ceux qui leur ressemblent dans l'autre vie; car l'homme après la vie dans le monde, quand il devient esprit, est absolument semblable à lui-même quant aux affections qui appartiennent à l'amour, et quant aux pensées et aux persuasions, ainsi tel qu'il avait été lorsqu'il vivait dans le corps ; ceux-ci disaient qu'ils s'étaient confirmés dans cette foi, parce que l'homme arrive aux dignités et à l'opulence, non d'après quelque secours Divin ni d'après la Providence, mais par sa propre intelligence et par sa propre prudence, et assez souvent par la fortune, et toujours alors d'après des causes que l'on voit provenir des hommes ; ajoutant que la commune expérience atteste cela, puisque les méchants, les astucieux et les impies sont, plus que les bons, souvent élevés aux dignités et deviennent riches, ce qui n'arriverait pas si le Divin gouvernait : mais il m'était donné de leur répondre que la confirmation par de tels motifs était un raisonnement provenant de la propre intelligence et du propre amour, raisonnement qui résulte de pures illusions et est dans l'obscurité sur les causes ; en effet, ils croient qu'être élevés aux dignités et s'enrichir plus que les autres, c'est le bien même que le Divin donne à l'homme, et qu'ainsi la Bénédiction Divine, comme aussi on l'appelle, consiste en ces choses seules; mais néanmoins elles sont plutôt une malédiction pour ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par-dessus tout, car autant ils sont élevés aux honneurs et acquièrent de richesses par leur étude et par leur art, autant aussi ils sont emportés dans l'amour de soi et du monde, au point qu'ils mettent enfin leur cœur tout entier dans les honneurs et les richesses, et qu'ils les regardent comme les uniques biens, ainsi comme les uniques prospérités et les uniques félicités de l'homme, lorsque cependant ces avantages prennent fin avec la vie de l'homme dans le monde : mais les biens, les prospérités et les félicités qui sont donnés à l'homme et auxquels il est pourvu pour lui par le Divin, sont éternels, et n'ont aucune fin, ainsi ce sont là les vraies bénédictions; entre le temporaire de l'éternel, comme entre le fini du temps et l'infini, il n'existe aucun rapport; ce qui dure pour l'éternité, Est ; mais ce qui a une fin, respectivement n'Est point ; le Divin pourvoit à ce qui Est, mais il ne pourvoit pas à ce qui n'Est point, si ce n'est qu'autant que cela conduit à ce qui Est; car Jéhovah, qui est le Divin Même, Est, et ce qui procède de Lui, Est aussi; d'après cela, on voit de quelle qualité est ce qui est donné à l'homme et ce à quoi il est pourvu pour lui par le Divin, et de quelle qualité est ce que l'homme se procure à lui-même. En outre, tout homme est conduit par le Divin au moyen de l'intellectuel; s'il n'était pas conduit au moyen de son intellectuel, aucun homme ne pourrait être sauvé ; de là vient que le Divin laisse l'intellectuel chez l'homme dans son libre, et ne lui impose point de frein ; c'est pour cela qu'il arrive que les méchants réussissent par les machinations et les fourberies qui proviennent de leur entendement; mais les prospérités qu'ils obtiennent par là prennent fin avec leur vie dans le monde, et deviennent des malheurs; mais les choses auxquelles il est pourvu pour les bons par le Divin n'ont aucune fin, et deviennent des prospérités et des félicités durant l'éternité. C'est ainsi que je parlais à ces esprits qui avaient été tels dans le monde; ils me répondaient qu'alors ils n'avaient en rien pensé ni au bien, ni à la prospérité, ni à la félicité durant l'éternité; et que, lorsqu'ils étaient dans leurs amours, ils avaient absolument nié la vie après la mort; qu'enfin autant ils parvenaient aux honneurs et aux richesses, autant ils croyaient qu'il n'existait pas d'autres biens, et que même il n'y avait ni Ciel, ni Divin ; que par conséquent ils n'avaient pas su ce que c'est qu'être conduit par le Divin. Ceux qui se sont ainsi confirmés dans le monde par la doctrine et par la vie, restent tels aussi dans l'autre vie; chez eux les intérieurs ont été fermés, et ainsi ils n'ont point de communication avec le Ciel; il n'y a d'ouvert que les extérieurs, par lesquels ils ont seulement communication avec les enfers; ceux d'entre eux qui, par des machinations, des artifices et des fourberies, sont parvenus aux honneurs ou aux richesses, deviennent magiciens dans les enfers ; ils apparaissent sous les fesses, assis à une table avec un bonnet enfoncé jusque sur les paupières ; et ils recueillent ainsi, comme dans un état de méditation, les choses qui servent à l'art magique, s'imaginant pouvoir par elles se conduire eux-mêmes; leur langage tombe entre leurs dents avec une sorte de sifflement ; et plus tard, quand ils sont dévastés, ils sont jetés dans la fosse au large fond, où règne un épais brouillard ; là, la lueur de leur entendement s'obscurcit jusqu'à la sottise; parmi ceux qui y avaient été jetés, j'en ai vu qui dans le monde avaient passé pour les plus ingénieux.

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