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Nom du Livre (Arcanes Célestes)
 
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AC 10298. 10298. Et tu en feras un parfum, signifie d'après eux le culte : on le voit par la signification du parfum, en ce que ce sont les confessions, les adorations, les prières et les autres choses du culte, qui sortent du cœur dans la pensée et dans le langage, N° 9475 ; car la fumée du parfum signifie l'élévation, Nos 10177, 10198 ; et l'odeur qui sent bon signifie la perception et la réception agréables, aux articles cités, N° 10292. Comme le culte Divin, qui est signifié par le parfum des aromates, est décrit ici, et que les aromates dont ce parfum était composé signifient les vrais dans leur ordre, il sera dit ici en peu de mots comment la chose se passe à l'égard de ce culte ; mais c'est là un arcane qui ne peut pas être révélé, si l'on ne sait pas quel est l'homme : L'homme est homme, non d'après la face, ni même d'après le langage, mais d'après l'entendement et la volonté ; tel est l'entendement et telle est la volonté de l'homme, tel est l'homme ; on sait que, quand il naît, il n'y a en lui rien de l'entendement, ni rien non plus de la volonté ; puis aussi, que son entendement et sa volonté sont formés par degrés depuis l'enfance ; par là l'homme devient homme, et homme tel, que l'entendement et la volonté ont été formés chez lui ; l'entendement est formé par les vrais, et la volonté par les biens, au point que son entendement n'est qu'une composition de choses qui se réfèrent aux vrais, et que sa volonté n'est qu'une affection de choses qui sont appelées biens ; d'où il suit que l'homme n'est que le vrai et le bien dont l'une et l'autre de ces deux facultés a été formée. Toutes les choses de son corps, en général et en particulier, correspondent à ces deux facultés, ce qu'on peut voir en ce que le corps exécute à l'instant ce que l'entendement pense et ce que la volonté veut ; en effet, la bouche parle selon les choses pensées, la face change selon les affections, et le corps fait des gestes au gré de l'un et de l'autre ; il est donc évident que l'homme tout entier est tel que sont son intellectuel et son volontaire, ainsi tel qu'il est quant aux vrais et aux biens ; car, ainsi qu'il a été dit, les vrais constituent son intellectuel, et les biens son volontaire ; ou, ce qui est la même chose, l'homme est son vrai et son bien. Qu'il en soit ainsi, c'est ce qui se manifeste clairement chez les esprits ; ceux-ci ne sont absolument que leurs vrais et leurs biens, dont ils se sont imbus quand ils vivaient hommes dans le monde ; et néanmoins ils sont des formes humaines : de là, d'après leur face on voit clairement quels sont chez eux les vrais et les biens, et on le voit aussi d'après le son et l'affection de leur discours, et d'après les gestes ; surtout d'après les mots de leur langage ; car les mots de leur langage ne sont pas tels que chez les hommes dans le monde, mais ils sont absolument conformes aux vrais et aux biens qui sont chez eux, de sorte qu'ils procèdent naturellement de ces vrais et de ces biens ; dans ce langage sont les esprits et les anges quand ils parlent entre eux : dans un semblable langage est l'homme quant à son esprit, lorsqu'il vit dans le monde, quoiqu'alors il ne le sache point : en effet, il pense d'après de semblables idées ; c'est même ce qui a été observé par quelques Érudits, qui ont appelé ces idées immatérielles et intellectuelles ; ces idées deviennent des mots après la mort quand l'homme devient esprit : il est donc de nouveau évident que l'homme n'est que son vrai et que son bien ; c'est de là que l'homme après la mort reste comme il a été fait vrai et bien. Il est dit comme il a été fait vrai et bien, et par là il est entendu aussi comme il a été fait faux et mal, car les hommes méchants appellent le faux-vrai, et le mal bien. C'est là l'arcane qu'il faut absolument connaître, pour qu'on sache comment la chose se passe à l'égard du culte Divin : mais outre cet arcane, il en est encore un autre ; c'est que dans toute idée de la pensée procédant de la volonté de l'homme, l'homme est tout entier; cet arcane est même une conséquence du précédent, car l'homme pense d'après son vrai et veut d'après son bien, vrai et bien qui sont lui-même ; qu'il en soit ainsi, c'est ce qu'on peut voir d'après cette expérience : Quand les anges perçoivent une seule idée d'un homme, ou une seule idée d'un esprit, ils savent aussitôt quel est cet homme ou quel est cet esprit. Ceci a été dit, afin qu'on sache comment la chose se passe à l'égard du Culte Divin, qui est signifié par le parfum d'aromates, c'est-à-dire que l'homme tout entier est dans toutes et dans chacune des choses de son culte, puisqu'il y a là le vrai et le bien, qui sont lui-même : c'est pour cette raison qu'il est fait mention de quatre aromates, par lesquels sont signifiés tous les vrais dans le complexe. De ces considérations il suit aussi, que c'est la même chose de dire que le culte Divin consiste dans ces vrais et dans ces biens, ou de dire que l'homme est composé de ces vrais et de ces biens, puisque l'homme tout entier est dans chacune des idées de pensée qui appartiennent au culte, ainsi qu'il a été dit.

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