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| AC 10134. 10134. Un des agneaux tu feras le matin, signifie l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur dans l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne : on le voit par la signification de faire un des agneaux ou de le sacrifier, en ce que c'est l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du matin, en ce que c'est l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne, ainsi qu'il sera aussi montré : si faire ou sacrifier l'agneau signifie l'éloignement des maux par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, c'est parce que les holocaustes et les sacrifices signifiaient la purification des maux et des faux du mal, ou, ce qui est la même chose, l'éloignement de ces maux et de ces faux, et aussi l'implantation du bien et du vrai et leur conjonction par le Seigneur, Nos 9990, 9991, 10022, 10042, 10053. ; que la purification des maux en soit l'éloignement, on le voit dans les articles cités, N° 100,5,7 ; que l'agneau soit le bien de l'innocence, on le voit, N° 10132 ; si l'éloignement des maux, et l'implantation du bien et du vrai et leur conjonction, se font par le bien de l'innocence procédant du Seigneur, c'est parce qu'il faut que dans tout bien il y ait l'innocence pour que ce soit le bien, et que sans elle le bien n'est pas le bien ; en effet, l'innocence est non-seulement le plan dans lequel sont semés les vrais, mais elle est aussi l'essence même du bien ; autant donc l'homme est dans l'innocence, autant le bien devient le bien, et le vrai vit par le bien, par conséquent autant l'homme devient vivant, et sont éloignés chez lui les maux ; et autant les maux sont éloignés, autant les biens et les vrais sont implantés et conjoints par le Seigneur ; de là vient que l'holocauste perpétuel a été fait avec des agneaux : que tout bien du Ciel et de l'Église ait en soi l'innocence, et que sans elle le bien ne soit pas le bien, on le voit, Nos 2736, 2780, 6013, 7840, 9262, 7887 : voir aussi ce que c'est que l'innocence, Nos 3994, 4001, 4797, 5236, 6107, 6765, 7902, 9262, 9936. Si le mafrn est l'état de l'amour et de la lumière de l'amour dans l'homme interne, c'est parce que dans les cieux chez les anges les états varient quant à l'amour et à la foi, comme dans le monde chez les hommes les temps varient quant à la chaleur et à la lumière ; ces temps, comme on le sait, sont le matin, midi, le soir et la nuit ; de là, dans la Parole, le matin signifie l'état de l'amour, midi l'état de la lumière dans le clair, le soir l'état de la lumière dans l'obscur, et la nuit ou le crépuscule l'état de l'amour dans l'obscur ; que dans les cieux il y ait de telles variations d'états, on le voit, Nos 5672, 5962, 6110, 7218, 8426; on voit aussi que le matin y est l'état de la paix et de l'innocence, ainsi l'état de l'amour envers le Seigneur, Nos 2405, 2780, 8426, 8812, 10114 ; que midi est l'état de la lumière dans le clair, Nos 3708, 5672, 9642 ; que le soir est l'état de la lumière dans l'obscur, Nos 3056, 3833, 6110 ; et qu'il n'y a point de nuit dans le ciel, mais qu'il y a un crépuscule, N° 6110, par lequel est signifié l'état de l'amour dans l'obscur. Si le matin signifie l'état de l'amour et de la lumière dans l'homme interne, c'est parce que quand l'ange est dans l'état de l'amour et de la lumière, il est dans son homme interne, et que quand il est dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'obscur, il est dans son homme externe ; en effet, les anges ont l'interne et l'externe, quand ils sont dans l'interne, l'externe pour ainsi dire se repose, mais quand ils sont dans l'externe, ils sont dans un état plus grossier et plus obscur ; de là vient que quand ils sont dans l'état de l'amour et de la lumière, ils sont dans leur homme interne, ainsi dans leur malin ; et que quand ils sont dans l'état de la lumière et de l'amour dans l'obscur, ils sont dans leur homme externe, ainsi dans leur soir ; par là, il est évident que les variations des états se font par des élévations vers les intérieurs, ainsi dans la sphère supérieure de la lumière et de la chaleur célestes, par conséquent plus près du Seigneur, et par des abaissements vers les extérieurs dans la sphère inférieure de la lumière et de la chaleur célestes, par conséquent plus loin du Seigneur : il faut qu'on sache que les intérieurs sont les supérieurs, ainsi ce qui est plus près du Seigneur, et que les extérieurs sont les inférieurs, ainsi ce qui est plus loin du Seigneur; il faut aussi qu'on sache que la Lumière dans les cieux est le Divin Vrai qui appartient à la foi, et que la Chaleur dans les cieux est le Divin Bien qui appartient à l'amour, l'un et l'autre procédant du Seigneur; car le Seigneur dans le Ciel est le Soleil, d'où les anges tirent le tout de la vie, et d'où par suite l'homme tire le tout de la vie spirituelle et céleste, voir les articles cités, Nos 9548, 9684 ; que les intérieurs soient les supérieurs, ainsi ce qui est plus près du Seigneur, on le voit, Nos 2148, 3084, 4599, 5146, 8325. L'homme qui est régénéré, et même l'homme qui a été régénéré, subissent aussi des variations d'état quant à l'amour et à la foi, par des élévations vers les intérieurs et par des abaissements vers les extérieurs ; mais il en est peu qui puissent réfléchir là-dessus, parce qu'on ne sait pas ce que c'est que penser et vouloir dans l'homme interne, et ce que c'est que penser et vouloir dans l'homme externe, ni même ce que c'est que l'homme interne, et ce que c'est que l'homme externe ; penser et vouloir dans l'homme interne, c'est penser et vouloir dans le ciel, car l'homme interne est dans le ciel; mais penser et vouloir dans l'homme externe, c'est penser et vouloir dans le monde, car l'homme externe est dans le monde; lors donc que l'homme est dans l'amour envers Dieu, et dans la foi qui procède de cet amour, il est dans l'homme interne, parce qu'il est dans le ciel ; mais lorsqu'il est dans l'obscur quant à 4'amour et à la foi procédant de l'amour, il est dans l'homme externe, parce qu'il est dans le monde : ces états sont aussi entendus par le matin, midi, le soir et la nuit ou le crépuscule dans la Parole ; pareillement les états de l'Église ; le premier état de l'Église est appelé matin dans la Parole, son second état midi, son troisième le soir, et son quatrième ou dernier la nuit ; mais quand l'Église est dans sa nuit, c'est-à-dire, quand elle n'est plus ni dans l'amour envers Dieu, ni dans la foi, le matin commence par le crépuscule chez une autre nation, où une nouvelle Église est instaurée ; en effet, il en est de l'Église dans le commun comme de l'homme dans le particulier ; le premier état de l'homme est l'état de l'innocence, par conséquent aussi l'état de l'amour à l'égard de ses parents, de sa nourrice et aussi à l'égard des petits enfants ses camarades ; son second état est l'état de la lumière, car lorsque l'enfant entre dans l'âge puéril, il apprend les choses qui appartiennent à la lumière, c'est-à-dire, les vrais de la foi, et il les croit; le troisième état est quand il commence à aimer le monde et à s'aimer lui-même, ce qui arrive lorsqu'il devient jeune homme, et qu'il pense d'après lui-même, et autant ces amours croissent, autant décroît la foi, et avec la foi la charité à l'égard du prochain et l'amour envers Dieu ; le quatrième et dernier état est lorsqu'il ne s'inquiète ni de la foi ni de la charité, et plus encore lorsqu'il les nie : de tels états sont aussi les états de chaque Église depuis son commencement jusqu'à sa fin, son premier étal est aussi l'état de l'enfance, ainsi l'état de l'innocence, par conséquent l'état de l'amour envers le Seigneur, cet état est appelé son matin ; le second état est l'état de la lumière, c'est son midi ; le troisième état est l'état de la lumière dans l'obscur, c'est son soir ; et le quatrième état est l'état où il n'y a aucun amour, ni par suite aucune foi, c'est sa nuit : s'il en est ainsi, c'est parce que les maux s'accroissent de jour en jour, et autant ils s'accroissent, autant comme une contagion l'un infecte l'autre, surtout les parents infectent leurs enfants ; et en outre les maux héréditaires sont successivement condensés et ainsi dérivés. Que le Matin signifie le premier état de l'Église, et aussi l'état de l'amour, on le voit dans Daniel : « Un saint dit : Jusques à quand cette vision, le » (sacrifice) perpétuel, et la prévarication dévastatrice ? Il me dit : « Jusqu'au soir au matin, deux mille et trois cents ; alors sera justifié le saint. » — VIII. 13, 14 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur ; le soir est l'état de l'Église avant l'avènement du Seigneur, mais le matin est le premier état de l'Église après l'avènement, et dans le sens suprême, c'est le Seigneur Lui-Même ; si le Seigneur, dans le sens suprême, est le Matin, c'est parce qu'il est le Soleil du ciel, et que le Soleil du ciel ne se couche jamais, mais est toujours l'Orient; de là encore le Seigneur est appelé orient, par conséquent aussi matin, voir N°s 2405, 2780, 9668. Dans Ésaïe : « A moi on crie de Séir : Qu'y a-t-il touchant la nuit? Qu'y a-t-il touchant ta nuit, sentinelle? La sentinelle a dit : Le matin est venu, et aussi la nuit. »— XXI. 11, 12 ; — par la sentinelle dans le sens interne il est entendu celui qui observe les états de l'Église, et ses changements, ainsi tout prophète; par la nuit il est entendu le dernier état de l'Église ; par le matin, son premier état ; par Séir d'où crie la sentinelle, l'illumination des nations qui sont dans les ténèbres ; que Séir ait cette signification, on le voit, N° 4240 ; et que la nuit soit le dernier état de l'Église, on le voit, N° 6000 ; « le matin vient et aussi la nuit, signifie que quoiqu'il y ait illumination pour ceux qui sont de la nouvelle Église, il y a néanmoins nuit pour ceux qui sont dans la vieille Église. La même chose est signifiée par le matin dans David : « Au soir dureront de nuit les pleurs, au matin le chant. » -XXX. 6. —Et dans Ësaïe : « Vers le temps du soir voici la terreur, avant le matin, il n'y en a point. » —XVII. 14. —Comme le matin, dans le sens suprême, signifie le Seigneur, et par suite l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, c'est pour cela que la manne, qui était le pain céleste, « tombait en pluie chaque matin, » — Exod. XVI. 8, 12,13, 21 ; —que le Seigneur soit le Pain qui est descendu du ciel, ainsi la manne, on le voit dans Jean, — VI. 33, 35, 48, 50 ; et que le pain, soit l'amour céleste, qui est l'amour d'après le Seigneur envers le Seigneur, on le voit, Nos 2165, 2177, 3464, 4217, 4735, 5405, 5915, 9545 : et comme le Seigneur est l'orient et le matin, et que le tout de l'amour céleste procède de Lui, c'est aussi pour cela qu'il est ressuscité « le matin le jour du sabbath. » — Marc, XVI ; — et c'est encore pour cela que le jour avant la fête de la Pâque était appelé soir, car la fête de la PAque signifiait la présence du Seigneur, et par Lui la délivrance de la damnatioïi pour les fidèles, Nos 7867, 9286, 9287 à 9292. Celui qui connaît le sens interne de la Parole peut savoir ce qui est enveloppé, quand il est dit que Pierre « nierait trois fois le Seigneur, avant que le coq eût chanté deux fois. » — Matth. XXVI. 34, 74, 75. Marc, XIV. 30, 68, 72. Luc, XXII. 34, 60, 61. Jean, XVIII. 27; —en effet, Pierre représentait la foi de l'Église, ou, ce qui est la même chose, l'Église quant à la foi ; le temps, quand le coq chantait, signifiait le dernier état de l'Église; ce temps était aussi appelé le chant du coq ; le triple reniement signifiait le reniement complet du Seigneur à la fin de l'Église ; on peut voir que Pierre a représenté la foi de l'Église, ainsi l'Église quant à la foi, Préf. des Chap. XVIII et XXII de la Gen. et Nos 3750, 4738 ; et que ces paroles adressées à Pierre ont signifié le reniement du Seigneur dans l'Église, quand arrive sa fin, N°s 6000,6073 f., 10087 ; car le Seigneur est renié, quand il n'y a plus aucune foi ; et il n'y a plus aucune foi, quand il n'y a plus aucune charité ; que trois signifie le complet, on le voit, Nos 2788, 4495, 7715, 8347, 9198, 9488, 9489 ; de là vient qu'il a été dit qu'il renierait trois fois ; que cela ait été fait au point du jour, quand le matin allait venir, on le voit dans Jean,—XVIII. 28 ; — et que le chant du coq et le point du jour soient la même chose, cela est évident dans Marc : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand le Seigneur de la maison viendra; si ce sera le » soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou le matin. » — XIII. 35. — D'après cela, on peut voir maintenant ce qui est signifié par le matin. |
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