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| AC 10087. 10087. Et tu prendras la poitrine, signifie le Divin spirituel dans les cieux, et l'appropriation là : on le voit par la signification de la poitrine, en ce qu'elle est le bien de la charité, et dans le sens suprême le Divin spirituel, ainsi qu'il va être montré ; que ce, soit l'appropriation de ce Divin dans les cieux, c'est parce que, dans ce qui va suivre, il s'agit de la chair du bélier, et du pain de la corbeille, qu'on ne faisait pas fumer sur l'autel, mais qui étaient donnés pour portion à Moscheh, à Aharon et à ses fils, et qui étaient mangés par eux, ce qui signifie l'appropriation ; le procédé de l'appropriation est décrit dans ce qui va suivre. Si la Poitrine signifie le bien de la charité, et dans le sens suprême le Divin spirituel, c'est d'après la correspondance; en effet, chez l'homme la Tête correspond au bien de l'amour envers le Seigneur, bien qui est le bien du ciel intime et est appelé Divin céleste ; la Poitrine correspond au bien de la charité, qui est le bien du ciel moyen ou second ciel et est appelé Divin spirituel ; et les Pieds correspondent au bien de la foi, ainsi au bien de l'obéissance, qui est le bien du dernier ciel et est appelé Divin naturel; sur cette correspondance, voir ce qui a été montré ci-dessus, N° 10030. Puisque la Poitrine, d'après la correspondance, est le bien de la cha rité, et que le bien de la charité est de faire le bien d'après le vouloir, c'est pour cela que Jean, qui représentait ce bien, était couché sur la poitrine ou dans le sein du Seigneur, — Jean, XIII. 23, 25, — ce qui signifie que ce bien était aimé du Seigneur, car être couché sur la poitrine ou dans le sein, c'est aimer : celui qui sait cela peut aussi savoir ce que signifient ces paroles du Seigneur à Pierre et à Jean : « Jésus dit à Simon Pierre : Simon de Jona, M'aimes-tu? Il dit : Oui, Seigneur, tu sais que je T'aime. II lui dit: Pais mes agneaux. II lui dit une seconde fois : Simon de Jona, M'aimes-tu? Il dit : Oui, Seigneur, tu sais que je T'aime. II lui dit : Pais mes brebis. Il lui dit une troisième fois : Simon de Jona, M'aimes-tu? Attristé fut Pierre, c'est pourquoi il dit : Seigneur, Toi, toutes choses tu connais; Toi, tu connais que je T'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. En vérité, je te dis: Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais; mais quand vieux tu seras, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas. Et, ayant ainsi parlé, il lui dit : Suis-moi. Pierre, étant retourné, vit le discipte qu'aimait jésus, qui suivait, lequel aussi s'était penché, pendant le souper, sur Sa poitrine; Pierre le voyant, dit : Seigneur ; celui-ci, qu'est-ce ? Jésus lui dit : Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-Moi. » — Jean, XXI. 15 à 22 ; — ce que ces paroles signifient, on ne peut le savoir que par le sens interne, qui enseigne que les douze disciples du Seigneur ont représenté toutes les choses de la foi et de l'amour dans le complexe, comme les avaient représentées les douze Tribus d'Israël, et que Pierre a représenté la foi, Jacques la charité, et Jean les œuvres ou les biens de la charité ; que les douze disciples du Seigneur aient représenté toutes les choses de la foi et de l'amour dans le complexe, on le voit, Nos 3488, 3858 f. 6397; on voit aussi que les douze Tribus d'Israël les ont pareillement représentées, Nos 3858, 3926, 4060, 6335, 6640; que Pierre a représenté la foi, Jacques la Charité, et Jean les œuvres de la charité, Préf. Des Chap. XVIII et XXII de la Gen. et Nos 3750, 4738, 6344f.; et que la Pierre, comme Pierre aussi est nommé, est le Seigneur quant à la foi, N° 8581. Comme la foi sans la charité n'aime pas le Seigneur, et peut néanmoins enseigner les choses qui concernent la foi et l'amour et qui appartiennent au Seigneur, c'est pour cela que le Seigneur a dit trois fois: «M'aimes-tu ?» et : « Pais mes agneaux; » et : « Pais mes brebis ; » c'est aussi pour cela que le Seigneur dit : « Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais ; mais quand vieux tu seras, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas; » ce qui signifie que la foi de l'Église, dans son lever, est dans le bien de l'innocence comme un petit enfant, mais que dans son coucher, qui est à la fin de l'Église, la foi ne serait plus dans ce bien, ni dans le bien de la charité ; et qu'alors le mal et le faux conduiraient, ce qui est signifié par quand vieux tu seras, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas; ainsi de libre devenir esclave ; ceindre, c'est savoir et apercevoir les vrais dans la lumière d'après le bien, N° 9952; marcher, c'est vivre selon les vrais, N°3 8417,8420; par suite se ceindre soi-même et marcher où l'on veut, c'est agir d'après la liberté; et agir d'après la liberté, c'est agir d'après l'affection du vrai provenant du bien, Nos 2870 à 2893, 9585 à 9591 ; et c'est être conduit par le Seigneur, Nos 9096, 9586, 9590, 9591 ; mais être ceint par un autre et mené où l'on ne veut pas, c'est être esclave; et être esclave, c'est agir d'après le mal, ainsi c'est être conduit par l'enfer, N08 9096, 9586, 9589,9591 : que les agneaux, dont le Seigneur parle d'abord, soient ceux qui sont dans le bien de l'innocence, on le voit, N° 3994 ; que les brebis, dont le Seigneur parle la seconde et la troisième fois, soient ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans la foi, on le voit, Nos 4169, 4809 ; et que trois soit toute une période depuis le commencement jusqu'à la fin, on le voit, Nos 2788, 4495, 7715,9198 ; c'est pourquoi comme le Seigneur parlait à Pierre de l'Église depuis le lever de cette Église jusqu'à son coucher, il lui dit trois fois : « M'aimes-tu? » Quant à ce que Jean suivit le Seigneur, cela signifiait que ceux qui sont dans les biens de la charité suivent le Seigneur, et qu'ils sont aimés du Seigneur, et ne se retirent point; mais que ceux qui sont dans la foi séparée, non-seulement ne suivent point le Seigneur, mais même sont indignés contre ceux qui le suivent, comme ici Pierre ; sans parler de plusieurs autres arcanes qui sont dans ces paroles. D'après ce qui vient d'être dit, il est encore évident qu’'être couché sur la poitrine et dans le sein du Seigneur, c'est être aimé de Lui, et que cela est dit de ceux qui sont dans les biens de la charité, de même que porter dans le sein, — Ésaïe, XL, 10,11; —-et coucher dans le sein, — II. Sam. XII. 3. |
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