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| ecriture_sainte 92 Que les Apparences du vrai, qui sont des vérités vêtues, puissent être saisies d'après la Parole pour des vérités nues, et que, lorsqu'elles sont confirmées, elles deviennent des faux, on peut le voir d'après tant d'hérésies qui ont été et sont encore dans le Christianisme. Les hérésies elles-mêmes ne damnent pas les hommes, mais ce qui damne, c'est quand, d'après la Parole et par les raisonnements qui précèdent de l'homme naturel, on confirme les faussetés qui sont dans l'hérésie, et qu'on mène une vie mauvaise. En effet, chacun naît dans la religion de ses parents, y est initié dès son enfance, puis la retient et ne peut lui-même se dégager des faux de cette religion, entraîné qu'il est par les affaires du monde; mais vivre mal et confirmer les faux jusqu'à détruire le vrai réel, voilà ce qui damne; car celui qui reste dans sa Religion et croit en Dieu, et qui, — s'il est dans le sein du Christianisme, — croit au Seigneur, considère la Parole comme Sainte, et vit par religion selon les préceptes du Décalogue, celui-là n'est pas lié aux faux comme par serment (non jurat in falsa}; aussi, dès qu'il entend les vrais et les perçoit à sa manière, il peut les embrasser, et ainsi être retiré des faux; mais il n'en est pas de même de celui qui a confirmé les faux de sa religion, car le faux confirmé reste et ne peut être extirpé; en effet, après la confirmation, le faux est comme si l'homme s'était lié à lui par serment, surtout si ce faux est cohérent avec l'amour du propre et par suite avec l'orgueil de la sagesse. |
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