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| ecriture_sainte 18 III. C'est à cause du Sens Spirituel que la Parole est divinement inspirée, et qu'elle est Sainte dans chacune de ses expressions: on dit, dans l'Eglise, que la Parole est Sainte; et cela, parce que Jéhovah Dieu l'a prononcée; mais comme ce qui est Saint ne se manifeste pas dans la lettre seule, il en résulte que celui qui, à cause de cela, doute une fois de sa Sainteté, se confirme ensuite dans ce doute par plusieurs passages de la Parole quand il la lit; car il dit alors en lui-même: Est-ce que ceci est Saint; est-ce que cela est Divin? Ainsi donc d'éviter qu'une telle pensée pénètre dans l'esprit de plusieurs, qu'elle s'y établisse et qu'ainsi périsse la conjonction du Seigneur avec l’Eglise dans laquelle est la Parole, il a plu au Seigneur de revéler maintenant le Sens Spirituel de la Parole pour qu'on sache où cette Sainteté est cachée. Mais des exemples vont mettre cela en lumière: Dans la Parole, il est question tantôt de l'Egypte, tantôt d'Assur, tantôt d'Edom, de Moab, des fils d'Ammon, de Tyr et de Sidon, de Gog; celui qui ne sait pas que par ces Noms sont signifiées des choses du Ciel et de l'Eglise peut être induit en erreur et croire que la Parole s'occupe beaucoup des nations et des peuples, et fort peu du Ciel et de l'Eglise, ainsi beaucoup des choses terrestres et fort peu des choses célestes; mais quand celui-là sait ce qui est signifié par ces nations et ces peuples ou par leurs noms, il peut être ramené de l'erreur à la vérité. Il en est de même, lorsque dans la Parole il voit qu'il est si souvent parlé de Jardins, de Bocages, de Forêts; puis, de leurs Arbres, tels que l'Olivier, la Vigne, le Cèdre, le Peuplier, le Chêne; et si souvent question d'Agneaux, de Brebis, de Boucs, de Veaux et de Bœufs, et aussi de Montagnes, de Collines, de Vallées, et des Fontaines, Fleuves et Eaux qui s'y trouvent, et de beaucoup d'autres objets naturels; celui qui ne sait rien du Sens Spirituel de la Parole ne peut faire autrement que de croire que ce sont seulement ces objets qui sont entendus; car il ne sait pas que par le jardin, le bocage et la forêt, sont entendues la sagesse, l'intelligence et la science; que par l'olivier, la vigne, le cèdre, le peuplier et le chêne, sont entendus le bien et le vrai de l'Eglise, sous leurs différents caractères de céleste, spirituel, rationnel, naturel et sensuel; que par l'agneau, la brebis, le bouc, le veau, le bœuf sont entendues l'innocence, la charité et l'affection naturelle; que par les montagnes, les collines et les vallées, sont entendus les supérieurs, les inférieurs, et les infimes de l'Eglise; que par l'Egypte il est signifié la science; par Assur, la raison; par Edom, le naturel; par Moab, l'adultération du bien; par les fils d'Ammon, l'adultération du vrai; par Tyr et Sidon, les connaissances du vrai et du bien; par Gog, le culte externe sans l'interne; mais, quand il connait ces significations, il peut alors penser que la Parole ne traite que de choses célestes, et que ces objets terrestres ne sont que les sujets dans lesquels elles sont renfermées. Mais un exemple pris dans la Parole va encore éclaircir cela; on lit dans David: «La voix de Jéhovah (est) sur les eaux, le Dieu de gloire fait tonner, Jéhovah (est) sur les grandes eaux. La voix de Jéhovah brise les cèdres, Jéhovah broie les cèdres du Liban et les fait sauter comme un veau, le Liban et Scirjon comme un faon de licorne. La voix de Jéhovah tranché comme une flamme de feu. La voix de Jéhovah fait trembler le désert, et fait trembler le désert de Kadès. La voix de Jéhovah fait mettre bas les biches et dépouille les forêts: mais dans son Temple chacun publie sa gloire.» — Ps. XXIX. 3 à 9. Celui qui ne sait pas que dans chacun de ces mots il y a une Divine Sainteté, peut dire en lui-même, s'il est purement naturel: Qu'est-ce que cela? Jéhovah se tient sur les eaux! Par sa voix il brise les cèdres! Il les fait sauter comme un veau, et le Liban comme un faon de licorne! Il fait mettre bas les biches! etc.; en effet, il ne sait pas que la puissance du Divin Vrai ou de la Parole a été décrite par ces expressions dans le Sens Spirituel; car dans ce Sens, par la voix de Jéhovah, qui là est le tonnerre, est entendu le Divin Vrai ou la Parole dans sa puissance; par les grandes eaux sur lesquelles se tient Jéhovah sont entendus ses vrais; par les cèdres et le Liban, qu'il brise et qu'il broie, sont entendus les faux de l'homme rationnel; par le veau et le faon de la licorne, les faux de l'homme naturel et sensuel; par la flamme de feu il est entendu l'affection du faux; par le désert et par le désert de Kadès, l'Eglise où il n'y a aucun vrai ni aucun bien; par les biches, que la voix de Jéhovah fait mettre bas, sont entendues les nations qui sont dans le bien naturel, et par les forêts qu'elle dépouille sont entendues les sciences et les connaissances que la Parole leur ouvre; c'est pour cela qu'il est dit ensuite que dans son Temple chacun publie sa gloire, par quoi il est entendu que dans chaque chose de la Parole il y a des Divins Vrais; car le Temple signifie le Seigneur, et par suite la Parole, puis le Ciel et l'Eglise; et la gloire signifie le Divin Vrai. D'après ces explications, il est évident qu'ici il n'y a pas un mot qui ne décrive la Divine puissance de la Parole contre les faux de tout genre chez les hommes naturels, et sa Divine puissance pour reformer les nations. |
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