| Ciel et Enfer 556. L'amour de soi, c'est vouloir du bien à soi seul, et non aux autres si ce n'est en vue de soi, ainsi ne vouloir du bien ni à l'Eglise, ni à la patrie, ni à aucune société humaine. C'est aussi ne leur faire du bien qu'en vue de la réputation, de l'honneur et de la gloire. Si on ne voit pas ces avantages dans les usages qu'on remplit pour elles, on dit en son cœur: Que m'importe? Pourquoi ferai-je cela? Que m'en reviendra-t-il? et en conséquence on ne le fait pas. Il est donc évident que celui qui est dans l'amour de soi n'aime ni l'Eglise, ni la patrie, ni la société, ni aucun usage, mais qu'il n'aime que lui-même. Son plaisir n'est que le plaisir de son amour. Comme le plaisir qui provient de l'amour fait la vie de l'homme, sa vie est par conséquent la vie de soi-même. La vie de soi-même est la vie d'après le propre de l'homme, et le propre de l'homme considéré en lui-même, n'est que mal. Celui qui s'aime aime aussi les siens, qui sont en particulier ses enfants et petits-enfants, en général tous ceux qui font un avec lui et qu'il appelle les siens. Les aimer, c'est aussi s'aimer soi-même, car il les considère comme en lui et se considère en eux. Parmi ceux qu'il appelle les siens sont aussi tous ceux qui le louent, l'honorent, et le révèrent.
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