| Ciel et Enfer 449. Je fus réduit à un état d'insensibilité quant aux sens corporels, par conséquent presque à l'état des mourants, la vie intérieure me restant cependant entière avec la pensée, afin que je puisse percevoir et retenir dans ma mémoire, ce qui allait se passer et ce qui se passe réellement en ceux qui sont ressuscités des morts.
Puis je perçus que la respiration du corps avait été presque enlevée, et la respiration intérieure qui appartient à l'esprit, restait conjointe avec une faible et tacite respiration du corps. Ceci réalisé, il me fut d'abord donné communication quant aux battements du cœur, avec le Royaume céleste, parce que ce royaume correspond au cœur chez l'homme (5). Je vis même les anges de ce royaume, certains dans le lointain, et deux qui étaient assis auprès de ma tête. Par suite toute affection propre me fut enlevée, mais il me restait toujours la pensée et la perception; et je fus dans cet état pendant quelques heures. Les esprits qui étaient autour de moi se retirèrent me croyant mort; une odeur aromatique comme celle d'un cadavre embaumé se fit même sentir, car lorsque les anges célestes sont présents, ce qui est cadavéreux est senti comme une odeur aromatique. Quand les esprits sentent cette odeur ils ne peuvent s'approcher, et les mauvais esprits sont aussi chassés de l'esprit de l’homme au moment de l'introduction de celui-ci dans la vie éternelle. Les anges qui étaient assis à ma tête gardaient le silence, ils communiquaient seulement leurs pensées avec les miennes. Quand leurs pensées sont reçues, les anges savent que l'esprit de l'homme est dans un état tel qu'il peut être retiré du corps. La communication de leurs pensées se faisait par le regard vers ma face, car c'est ainsi que se font dans le ciel les communications de pensées. Comme la pensée et la perception m'avaient été laissées afin que je me rappelle et que je sache la manière dont se fait la résurrection, je percevais que ces anges examinaient d'abord quelle était ma pensée, si elle était semblable à celle de ceux qui meurent, et qui est ordinairement portée sur la vie éternelle, ils voulaient garder mon mental dans cette pensée. L'homme qui expire est dans sa pensée dernière, jusqu'à ce qu'il retourne aux pensées qui proviennent de son affection dominante dans le monde. Puis je sentis une attraction, comme un arrachement des intérieurs de mon mental, de mon esprit d'avec mon corps; et il m'a été dit que cela est fait par le Seigneur, et qu'il y a ainsi résurrection.
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