| Ciel et Enfer 429. Le monde des esprits apparaît comme une vallée entre des montagnes et des rochers, ça et là abaissée et élevée. Les portes du côté des sociétés célestes ne sont visibles qu'à ceux qui ont été préparés pour le ciel, et ne sont pas vues par les autres. Pour aller du monde des esprits vers toutes les sociétés du ciel il y a une seule entrée et un seul chemin, mais dans sa montée il se divise en un grand nombre d'autres. Les portes du côté des enfers ne sont visibles qu'à ceux qui doivent y entrer; alors elles leur sont ouvertes, et dès qu'elles le sont, ils voient des antres sombres comme couverts de suie, et conduisant obliquement en bas dans un abîme, où il y a de nouveau plusieurs portes. De ces antres s'exhalent des vapeurs nauséeuses et fétides, que les bons esprits fuient parce qu'ils les ont en aversion, tandis que les mauvais esprits les recherchent parce qu'elles leur plaisent.
Autant chacun dans le monde naturel s'est plu dans son mal, autant après la mort il se plaît dans la puanteur à laquelle son mal correspond. On peut en cela comparer les mauvais esprits aux oiseaux et aux animaux carnassiers, tels que les corbeaux, les loups, les pores, qui en percevant la puanteur, voient ou accourent vers les matières cadavéreuses et les excréments. J'ai entendu un de ces esprits pousser des cris comme arrachés par une torture intérieure, quand un souffle émanant du ciel l'atteignait, et je l'ai vu tranquille et joyeux sous une exhalaison qui émanait de l'enfer.
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