| Ciel et Enfer 322. Il y a des sages et des simples parmi les Gentils comme parmi les Chrétiens. Pour mieux les connaître, il m'a été donné de m'entretenir avec eux pendant des heures et même des jours. Il n'y a pas de sages aujourd'hui comme il y en avait dans les temps anciens, surtout dans l'Ancienne Eglise. Celle-ci s'était étendue dans une grande partie de l'Asie, et sa religion s'était répandue dans plusieurs nations. Afin de savoir ce qu'ont été ces sages, il me fut permis de m'entretenir familièrement avec quelques-uns d'entre eux. Auprès de moi se trouvait un esprit qui, autrefois fut au nombre des plus sages, et pour cela est connu dans le monde savant; je lui parlai de divers sujets, et j'eus des raisons de croire qu'il était Cicéron. Alors je mis l'entretien sur la sagesse, l'intelligence, l'ordre, la Parole et enfin sur le Seigneur. Sur la sagesse, il me dit qu'il n'y a d'autre sagesse que celle qui concerne la vie, et que la sagesse ne peut se dire d'autre chose; sur l'intelligence, qu'elle précède de la sagesse; sur l'ordre, que l'ordre existe par le Dieu Suprême, et que vivre dans cet ordre, c'est etre sage et intelligent. Quant à la Parole, dont je lui lisais quelques passages des Livres Prophétiques, il en éprouvait le plus grand plaisir, surtout du fait que chaque nom et chaque mot signifiaient des choses intérieures; il était très étonné de ce que les savants d'aujourd'hui ne font pas leurs délices d'une semblable étude. Je percus clairement que les intérieurs de sa pensée ou de son mental avaient été ouverts, et il me dit qu'il ne pouvait rester plus longtemps, parce qu'il percevait des choses trop saintes pour être soutenues, tant il en était affecté intérieurement. Enfin je lui parlai du Seigneur, je lui dis qu'il est né Homme, mais conçu de Dieu, qu'il a dépouillé l’humain maternel et revêtu l'Humain Divin, et que c'est Lui qui gouverne l'univers. Il répondit qu'il connaissait plusieurs choses sur le Seigneur, et percevait à sa manière, que le genre Humain n'aurait pu être sauvé autrement. Pendant cet entretien quelques mauvais esprits chrétiens insinuaient différentes choses scandaleuses, mais il n'y faisait aucune attention. Il n'en était pas étonné, parce que dans la vie du corps, ces esprits s'étaient imbus d'idées fausses sur ce sujet. Avant que ces idées ne soient dissipées, ils ne pouvaient, comme le font ceux qui sont dans l'ignorance, admettre les choses qui confirment la vérité.
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