| Ciel et Enfer 108. Toutes les choses qui sont dans le monde existent d'après le Divin, elles sont revêtues d'enveloppes par lesquelles elles peuvent y être, remplir leur usage et ainsi correspondre. Les particularités qui se présentent, tant dans le règne animal que végétal, le prouvent avec évidence. S'il pense d'après l'intérieur, chacun peut voir dans l'un et l'autre règne que ces particularités viennent du ciel. Quelques unes seront rapportées pour illustration. Il est connu de beaucoup de personnes que chaque animal possède sa science qui est comme innée en lui. Les abeilles, par exemple, savent recueillir le miel des fleurs, construire des cellules dans lesquelles elles déposent le miel, et celles dans lesquelles la reine dépose ses œufs. Elles connaissent une certaine forme de gouvernement d'après leur sentiment inné. D'autres choses merveilleuses leur viennent du ciel en vue de l'usage. Il en est de même des vers à soie, des oiseaux et de tous les animaux de la terre. L'homme doté d'une raison quelque peu saine peut voir que ces merveilles ne peuvent venir d'autre part que du monde spirituel, auquel le monde naturel vient en aide pour envelopper d'un corps ce qui en provient, ou pour présenter dans l'effet ce qui est spirituel dans la cause. Si les animaux de la terre et les oiseaux du ciel naissent dans toute leur science, et non l'homme, qui, cependant l'emporte de beaucoup sur eux, cela vient de ce que les animaux sont dans l'ordre de leur vie, et qu'ils n'ont pu détruire ce qu'ils tiennent du monde spirituel, puisqu'ils n'ont pas de rationnel. Il en est autrement de l'homme, qui pense d'après le monde spirituel; comme il a perverti en lui cette faculté par une vie contre l'ordre, favorisée par le rationnel, il ne peut par conséquent naître autrement que dans une pure ignorance. Par des moyens Divins il peut ensuite être ramené dans l'ordre du ciel.
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